Célébrité et Conséquences by Mary-m
Summary:

Image libre de droit

 

 

Une mère à la tête de plusieurs multinationales qui collectionne les fourrures comme Cruella d'enfer.
Un père artiste peintre qui expose dans les plus grandes villes.
Un beau-père qui habille les princesses et les actrices.
Une meilleure amie star du rock en tournée aux USA.
Trois amies rencontrées au cours de préparation à l'accouchement avec qui elle aime passer du temps.
Une petite fille de deux ans et demi qu'elle élève seule.

Léa Lewis est une autrice de talent (ce n'est pas elle qui le dit mais le New York Times ! ).
Son premier roman adapté en film, elle se rend en Ecosse pour suivre le tournage.
Un soir de tempête, un inconnu apparaît dans l'auberge où l'équipe loge. C'est le meilleur ami d'un acteur du film et le père de sa fille.

Avec le destin, on ne peut jurer de rien !


Categories: Romance Characters: Aucun
Avertissement: Scènes érotiques
Langue: Français
Genre Narratif: Roman
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 42 Completed: Non Word count: 97842 Read: 59007 Published: 16/03/2019 Updated: 20/05/2022
Mon premier et seul rôle by Mary-m

— On peut retourner jouer maintenant ?

 

Je me retiens de rire. Les jumeaux semblent avoir des difficultés à rester assis bien longtemps. Leur maman lève les yeux au ciel et acquiesce. Les garçons se sauvent dans un coin de la pièce.

 

— Tu viens Eleanore ?

 

Connor ou Ian revient près de nous et tend la main à Eleanore. Je vais devoir trouver comment les reconnaître tous les deux.

 

A première vue, cela me semble impossible. Ils ont tous les deux des cheveux bruns presque noirs comme leur maman et des yeux bleus comme leur papa.

 

Eleanore qui est assise sur mes jambes me questionne du regard. Je souris et lui fais un clin d’œil complice. Elle sourit et prend la main de son cousin qui, l’entraîne avec enthousiasme près de son jumeau.

 

 

 

Alexander joue distraitement avec une mèche de mes cheveux pendant qu’il discute avec ses parents. Son bras qui entoure mes épaules m’attire un peu plus contre lui. Cela m’apaise un peu car sa famille m’impressionne énormément, même plus que ça !

 

Je sens les regards perplexes de son frère aîné qui ne semble pas beaucoup m’apprécier. Il nous observe les lèvres pincées avant de dire :

 

— Vous allez faire un contrat de mariage ?

 

Tout le monde se crispe dans la pièce. Bridget arrête de boire. Julia, un toast dans la main regarde son mari et puis nous. Richard croise les bras contre son torse en se calant plus confortablement dans le fauteuil où il est assis. Lizzie qui pianote sur son téléphone, lève la tête en nous fixant la bouche légèrement entrouverte.

 

A côté de moi Alexander se tend et fusille son frère du regard.

 

— Bien sûr, j’affirme doucement.

 

Je vois aux expressions de son visage que James n’est pas convaincu.

 

— Je suis désolé ne pas être aussi enthousiaste que le reste de la famille, mais tu arrives avec une fillette que nous n’avons jamais vue. Bien sûr qu’Eleanore est ma nièce, ajoute-t-il quand Bridget ouvre la bouche pour protester, elle ressemble énormément à Alexander. Mais, ce n’est pas la première fois qu’une femme prétend que mon frère a un enfant juste par l’appât du gain.

 

 

 

Je hoche la tête, je comprends James. C’est normal qu’il s’inquiète, son frère a énormément d’argent.

 

— Sa famille est beaucoup plus que riche que moi, lâche Alexander en serrant le poing sur sa cuisse.

 

Je me force à ne pas bouger. J’ai juste envie de me cacher dans un petit trou de souris tant je suis mal à l’aise que cette information soit révélée comme ça.

 

Malgré tout, du bout des doigts, je caresse son poing fermé. Ce n’est jamais une bonne idée de se mettre en colère surtout que son frère cherche juste à le protéger. Je suppose qu’eux aussi ont souffert des prétendues fausses grossesses.

 

Sous mes caresses le poing d’Alexander se détend doucement. Il resserre sa prise autour de mes épaules, dépose sa bouche contre mes cheveux près de mon oreille et me souffle doucement :

 

— Merci.

 

 

 

James a les sourcils froncés. C’est vrai que peu de personnes ne font le lien entre l’immense empire financier de Barbara et moi. Je porte le nom de famille de mon père. Je n’apparais jamais sur dans la presse car Eleanore et moi n’avons presque aucun lien avec cette femme. Et pourtant, ma mère est presque aussi riche que notre reine.

 

Je n’aime pas parler d’elle. Mon estomac se contracte en pensant que peut-être, maintenant que le sujet est mis sur le tapis, je vais devoir expliquer tout cela devant eux tous. Je me demande d’ailleurs comment Alexander a fait le lien entre Barbara et moi. Je me note mentalement de lui demander plus tard.

 

Le frère aîné ne sait plus quoi dire. Et moi non plus !

 

— Je m’inquiète juste pour toi.

 

— Je sais, marmonne Alexander. Tu n’as rien à craindre et puis, ce n’est pas comme si je m’étais déjà marié plusieurs fois. J’espère juste que notre mariage durera jusqu’à la fin de nos jours, ajoute-t-il en déposant un baiser sur la paume de ma main.

 

Mon estomac se serre encore plus. Je sais qu’il dit ça pour sa famille, mais ses mots résonnent en moi et provoquent un malaise. Je n’aime pas mentir et c’est ce que nous faisons ! Cette famille restera toujours celle d’Eleanore quoi qu’il arrive entre Alexander et moi.

 

 

 

Même s’il ne dit rien depuis le début, je sens que Richard m’observe. Il m’intimide. Il y a une certaine ressemblance entre lui et son fils. La même couleur des yeux, des cheveux aussi désordonnés naturellement. Nos échanges ont été froids comparés à ceux que j’ai eus avec sa femme. Peut-être est-il hostile à ma présence sous son toit ? Ou alors, c’est peut-être tout simplement son caractère. Nous, anglais, sommes connus pour ne pas laisser nos sentiments et émotions trop transparaître.

 

De froide, son attitude est devenue bienveillante et aimante lorsqu’il a posé les yeux sur Eleanore. Un vrai papi gâteau.

 

 

 

— Et si nous passions à table ?

 

Bridget se lève du canapé et entraîne joyeusement les enfants dans la salle à manger. Eleanore s’entend très bien avec ses cousins.

 

Tout le monde se lève et s’avance vers l’autre pièce où, je suppose la table doit déjà être mise. Je me lève et m’apprête à rejoindre Eleanore lorsque je sens Alexander me prendre la main et entrelacer nos doigts. Ce geste même s’il sert à notre comédie de couple amoureux me semble devenu tellement naturel entre nous.

 

— Merci, murmure-t-il doucement en caressant mon visage.

 

Les joues rouges, je lève les yeux vers les siens et le questionne du regard.

 

— D’être toi, ajoute-t-il en remettant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Tu es merveilleuse.

 

Je frissonne à son contact. Je ne pense pas être quelqu’un de merveilleux, je tente juste de faire de mon mieux.

 

— Ton frère ne m’aime pas beaucoup, je souffle aussi bas que possible pour que lui seul m’entende même s’il ne reste que nous deux dans la pièce.

 

— Laisse-lui le temps de te connaître.

 

J’acquiesce sans le quitter des yeux. Je n’arrive plus à comprendre les réactions de mon corps. Pourquoi ai-je envie qu’il m’embrasse lorsqu’il me regarde comme ça ?

 

Alexander prend mon visage en coupe dans ses mains en continuant de me sourire. Son regard est doux. J’arrête de respirer quelques secondes lorsqu’il se penche vers moi et dépose un baiser sur mes lèvres – délicatement – avant d’approfondir notre baiser lorsque j’y réponds.

 

 

 

Je m’accroche des deux mains à son pull gris pour ne pas tomber sur le canapé qui touche l’arrière de mes jambes. Il tient toujours mon visage entre ses deux mains.

 

Je ne pense plus à rien d’autre qu’à ses lèvres sur les miennes et aux sensations qui se réveillent dans mon corps.

 

— Les enfants, nous…

 

Je sursaute et m’éloigne rapidement de l’acteur comme si je venais de me brûler. Coupée dans son élan, Bridget est figée près de la porte. Elle tient une cuillère en bois dans sa main droite.

 

Je tente de reprendre discrètement une respiration moins saccadée. J’ai l’impression d’être une adolescente prise en flagrant délit. Alexander semble bien s’amuser. Sa main est retournée autour de ma taille, il sourit en coin et attend que sa maman termine sa phrase.

 

— Nous vous attendons pour commencer.

 

Quand je reprends totalement mes esprits, je me demande si Alexander ne m’a pas embrassé parce qu’il a vu Bridget arriver vers nous. C’était sans doute pour notre rôle d’amoureux. Je pince les lèvres, plus contrariée que je ne l’aurais voulu !

 

C’est le seul et unique rôle de ma vie. C’est bien trop stressant comme métier – pas fait pour moi – vraiment pas du tout.

 

 

 

Le repas se passe dans une ambiance calme et sereine. Lizzie taquine ses frères au sujet d’un garçon qu’elle vient de rencontrer. Les frères Wills sont très protecteurs avec elle. Elle est vraiment très sympathique et enjouée. Elle déborde d’énergie et d’enthousiasme pour tout. Ses longs cheveux blonds sont retenus grâce à une coiffure compliquée que je suis incapable de reproduire. Ses yeux verts sont plus clairs que ceux de ses frères. Elle fait des études d’architecture.

 

James est plus réservé, je suppose que son rôle d’aîné doit y être pour quelque chose. Avec Julia, ils ont créé une boîte de communication.

 

— Où trouves-tu l’inspiration pour tes livres ?

 

J’arrête de manger le crumble aux pommes qui se trouve dans l’assiette à dessert posé devant moi. Je n’aime pas parler de moi. Je suis mal à l’aise d’être le centre de l’attention. Pour cacher mon trouble, je tourne la cuillère entre mes doigts.

 

Bridget m’a posée beaucoup de questions pendant le repas, - je suppose qu’elle veut apprendre à me connaître – des questions sur mon métier, mon enfance, mes études, mes parents. Après tout, je vais épouser son fils.

 

— En observant les gens dans la vie de tous les jours, j’explique en souriant. Déjà petite, j’aimais inventer des histoires.

 

 

 

La conversation dévie sur notre projet commun à Alexander et moi. Notre vie future et surtout notre mariage dans deux jours à peine.

 

Alexander répond principalement aux questions. Je le laisse faire avec soulagement. De toute façon, je ne sais pas quoi répondre aux trois quarts d’entre elles. Tout cela est si soudain que je n’ai pas encore pris le temps de mettre de l’ordre dans mes idées. Je suis admirative de sa façon d’improviser et de la parfaite maîtrise de ses nerfs. Les miens sont sur le point de craquer.

 

— C’est ton beau-père qui s’occupe de ta robe ?

 

J’acquiesce en souriant à Julia :

 

— Je lui ai demandé de faire quelque chose de simple.

 

— J’adore toutes ses créations, me confie-t-elle.

 

Je suis un peu soulagée lorsque la conversation dévie sur le nouveau projet de Lizzie. Elle doit imaginer une maison innovante qui se fond parfaitement dans le décor londonien.

 

 

 

A la fin du repas, Bridget se lève pour débarrasser la table, j’en fais autant malgré ses protestations.

 

Je lui tiens tête et la suis dans la cuisine où je dépose les assiettes que je tiens dans les mains sur le plan de travail en granit noir.

 

— Dehors les garçons ! On ne peut pas avoir de conversations entre filles si vos oreilles traînent dans la pièce.

 

Julia et Lizzie rigolent. Je souris en continuant de rassembler les serviettes usagées.

 

Alexander qui est debout à côté de moi me jette un regard pour voir si je suis d’accord de rester seule. Je hoche la tête même si je suis un peu anxieuse.

 

Et si je réponds tout le contraire de ce que Alexander a pu leur dire ?

 

Il me sourit, dépose un baiser sur ma joue et quitte la pièce avec son frère.

 

 

 

— Merci !

 

Je sais que le merci de Bridget n’est pas un merci de l’aider à ranger la cuisine.

 

— Je sais que cela n’a pas dû être facile pour toi de venir chez nous aujourd’hui, ajoute-t-elle, en prenant mes mains dans les siennes.

 

Elle a totalement raison, mais à présent, je ne regrette pas d’être venue. J’ai du chemin à faire avant d’être accepté par l’entièreté du clan Wills et j’en ai conscience.

 

— Personne ne te juge. Tu as fait ce que tu as jugé bon de faire à cette époque. Alexander n’a pas un métier facile et je suppose que tu as voulu protéger notre petite Eleanore. J’admire ta force et ton courage. Je suis vraiment heureuse que tu deviennes ma fille.

 

Elle me sert dans ses bras.

 

 

 

Lizzie et Julia me sourient toutes les deux. Je sais que je vais bien m’entendre avec les femmes de la famille. La première est à peine plus jeune que moi. Julia a la trentaine.

 

— Vous êtes trop gentille avec moi, je murmure la gorge serrée.

 

La maman d’Alexander vient de prononcer les mots que j’avais besoin d’entendre. Des mots que je ne mérite pas.

 

— N’en veux pas à James, il tient beaucoup à son petit frère, ajoute Julia en essuyant un verre à vin.

 

— Je le comprends, je réponds doucement en passant le verre que je viens d’essuyer à Lizzie qui les range dans l’armoire. C’est normal qu’il s’inquiète pour Alexander.

 

 

 

Elles discutent joyeusement des fêtes de fin d’année qui approchent. Bridget semble aimer organiser de grands repas de famille. Elle va bien s’entendre avec Jack. C’est la période de l’année qu’il préfère.

 

Je continue d’essuyer la vaisselle en les écoutant distraitement discuter cadeaux, menus. Je me stoppe dans mon mouvement. Elles me regardent toutes les trois et semblent attendre une réponse de ma part.

 

— Je suis désolée, je murmure en rougissant. J’étais perdue dans mes pensées.

 

— Vous serez des nôtres ? répète Bridget.

 

Elle est penchée au-dessus d’un cahier et y ajoute des choses avec un crayon de papier.

 

— Nous n’avons encore rien décidé, j’avoue les sourcils froncés.

 

J’espère que l’acteur n’a pas déjà confirmé notre présence à ses parents. Jack tient à son réveillon de Noël. Même si je suppose que maintenant, nous allons devoir partager notre temps entre nos deux familles. Mon cœur se serre.

 

Maintenant que j’y réfléchis, Alexander ne sera peut-être même pas là.

 

— Alexander part bientôt à Vancouver. Je ne sais pas encore quand il sera de retour à Londres, j’ajoute en essayant de me souvenir des informations que l’acteur m’a déjà fournies.

 

— C’est vrai, soupire-t-elle en pinçant les lèvres.

 

Elle ferme son cahier en soupirant.

 

Je suppose que pour ses parents aussi cela doit être difficile qu’il soit souvent à l’étranger et encore plus pendant des périodes comme les fêtes de fin d’année où les familles sont souvent réunies.

 

 

 

— Alexander est vraiment amoureux de toi, lance joyeusement Lizzie avant de bailler et s’étirer.

 

Elle est sortie toute la nuit avec des amis de sa promotion.

 

— Il t’a couvée du regard pendant tout le repas, ajoute Julia en riant. Cela fait plaisir de le voir heureux.

 

— Il y a vraiment une connexion entre vous deux. Une sorte d’aura éblouissante. Ce baiser dans notre salon était très beau mais, assez dérangeant pour une maman, rigole Bridget en sortant de la cuisine pour rejoindre les autres.

 

Je suis rouge tomate et même plus que ça. Alexander est vraiment un bon comédien s’il a réussi à duper sa famille et surtout, sa maman.

 

 

 

Dans le salon, les hommes discutent formule 1 pendant que les enfants continuent de jouer dans leur coin. Lorsqu’il me voit, Alexander se lève en me souriant.

 

— Cela fait bien longtemps que tu ne fais plus ça, soupire Julia pour taquiner son mari.

 

— C’est parce qu’ils ne sont pas encore mariés. C’est encore la période de séduction. Tu verras d’ici quelques années, lui répond James en se moquant de son frère.

 

— C’est ce que tu crois mon vieux, réplique Alexander en me serrant contre lui avant de caresser ma joue du bout des doigts. Elles ont été gentilles avec toi ? ajoute Alexander juste pour moi.

 

Je frissonne au contact de sa peau contre la mienne. Je hoche la tête. Je ne sais pas ce qui m’arrive pour l’instant. Ce n’est pourtant pas dans mes habitudes d’être aussi docile que ça. Non pas que je sois aigrie avec les hommes. J’espère que c’est juste parce que tout cela est nouveau pour moi.

 

 

 

— On va rentrer à la maison, dit Alexander en voyant que notre Eleanore se frotte les yeux.

 

Les jumeaux sont deux ans plus vieux qu’elle. Ils ne font sans doute déjà plus la sieste. Elle en a encore besoin pour l’instant.

 

Bridget va directement chercher nos vestes. Je laisse Alexander mettre celui d’Eleanore pendant que je remercie sa famille pour son invitation.

 

— Elle peut dormir dans la chambre de tonton Alex, négocie Connor ou Ian. On a pas fini notre jeu.

 

Alexander s’accroupit près de son neveu et lui dit doucement :

 

— Je comprends que vous soyez déçus les garçons. Eleanore viendra bientôt jouer ici et puis si Léa est d’accord, vous pourriez peut-être venir jouer à la maison.

 

— C’est une bonne idée, j’approuve en m’accroupissant à côté de l’acteur pour être à leur hauteur. Je suis certaine que votre cousine sera contente de vous montrer sa chambre.

 

Les jumeaux arrêtent de protester en regardant Alexander et moi comme si nous venions de leur promettre des tonnes de bonbons.

 

— Ce sera génial.

 

— Trop top.

 

Je rigole en me relevant. Ils sont vraiment adorables ces deux-là.

 

 

 

— Il faut qu’on se fasse une sortie entre filles, propose joyeusement Lizzie en me serrant contre elle.

 

— Avec plaisir, je réponds en souriant.

 

Julia s’enthousiasme à l’idée de pouvoir passer du temps avec nous. Bridget qui est étonnée que sa fille lui propose de nous accompagner, refuse pour ne pas nous déranger avant d’accepter devant notre insistance.

 

En riant avec Lizzie, je vois Alexander me fixer en souriant. Même si je sais que ce regard doux et tendre n’est que pour sa famille, je me sens bizarre. Je n’arrive pas à le quitter des yeux.

 

— Vous êtes certain que vous ne voulez pas que nous gardions Eleanore pour que vous répétiez votre nuit de noce, s’amuse James. N’oubliez pas qu’il y a des enfants dans la pièce et Lizzie.

 

Je quitte Alexander des yeux pour fixer une poussière imaginaire sur ma veste. J’ai chaud à force de rougir autant.

 

— Lizzie !

 

Bridget a entendu l’insulte que la jeune femme a balancée à son frère aîné.

 

— C’est vrai qu’il fait très chaud dans la pièce avec toute cette tension entre vous deux, s’amuse Julia en s’éventant avec sa main.

 

Alexander lève les yeux au ciel en souriant en coin. Il a l’habitude de se faire taquiner par sa famille. Ce n’est pas mon cas.

 

— Pas besoin de répéter, je suis très bon en improvisation !

 

Il n’a pas osé !

 

Je cherche des yeux un trou de souris dans lequel me cacher et en même temps, je sens le rire nerveux arriver.

 

 

 

Nous marchons rapidement dans la rue. J’ouvre la voiture, m’y installe pendant qu’il attache Eleanore dans son siège. Elle s’est endormie dans ses bras pendant que nous marchions.

 

— Alors ?

 

Il met la musique au plus bas et démarre la voiture.

 

— Tu as une famille merveilleuse, je réponds en souriant.

 

Je n’ose pas le regarder alors je fixe la route devant moi. Il sourit content de ma réponse.

 

— C’est vrai que j’ai de la chance, murmure-t-il. Maman et mes sœurs t’adorent.

 

— Je les aime beaucoup aussi, dis-je doucement en repensant à la gentillesse des femmes de la famille. Ta maman est exactement comme j’imagine qu’une mère doit être avec ses enfants. Julia est pareille avec les jumeaux.

 

— Tu es comme ça avec Eleanore, réplique-t-il en tournant légèrement la tête vers moi.

 

— Je l’espère, je murmure en pensant à ma mère.

 

Je n’ai pas eu le bon exemple avec Barbara. C’est un peu de l’improvisation avec Eleanore.

 

 

 

A la maison, il dépose Eleanore dans son lit. Elle dort toujours. Il l’embrasse sur le front et me suis hors de la chambre. Je pense que ce n’est pas le bon moment de lui montrer sa chambre. J’ai peur qu’il prenne cela comme une invitation. J’ai surtout peur de me retrouver dans une pièce avec un lit en sa présence.

 

— Drôle de journée.

 

— Drôle de journée, j’approuve en fixant mes chaussures.

 

Nous sommes debout dans le salon. Il s’approche de moi et glisse sa main sous mon menton pour relever mon visage vers le sien. Je fixe ses yeux verts avec attention. C’est la tempête dans son regard. Il y a tant d’émotions qui se bousculent. Mon cœur bat plus rapidement. Inconsciemment, je me mords légèrement la lèvre du bas sans le quitter des yeux.

 

Pourquoi il fait si chaud ?

 

Alexander détaille mon visage. Lorsque son visage s’approche du mien, je sais – j’espère – qu’il va m’embrasser. Mes lèvres n’attendent que ça.

 

Lorsque ses lèvres se posent sur ma joue où il dépose un baiser, je me retiens de grogner de frustration.

 

Pourquoi ? hurle ma conscience.

 

— Je vais y aller, murmure-t-il en se reculant.

 

Les bras le long du corps, je l’observe sans bouger. Je me sens bête. Je suis certaine qu’il a envie de m’embrasser. Je crois.

 

Propose lui de rester, lance ma conscience.

 

Alexander ferme les yeux, secoue la tête.

 

Et là, je me souviens qu’il n’y a plus personne pour nous voir et qu’il peut arrêter sa comédie romantique.

 

Mon cœur se serre doucement.

 

— Bonne fin de journée, ajoute-t-il en s’éloignant rapidement.

 

— A toi aussi, je réponds plus sèchement que je ne l’aurais voulu.

 

Il faut que j’arrête d’oublier que ce n’est qu’une façade !

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