Le dernier djinn by Alrescha
Summary: Marlin est un magicien qui vient de poser son baluchon dans la forêt de Tecma. Dans son voyage pour y arriver, il a vu et entendu beaucoup de choses, mais il n’a jamais vu de djinn, il en a seulement entendu parler. Il sait que ce sont des créatures convoitées, connues pour exaucer tous les vœux. Lui ne veut rien, juste vivre en paix dans sa forêt, mais lorsqu’il rencontre le dernier djinn de Gaeterra, ses projets changent…

Participation au concours de SamanthaBlack "Mon centaure bien-aimé"

Categories: Fantastique Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Mon Centaure bien-aimé, ECRITS DE GAETERRA
Chapters: 3 Completed: Oui Word count: 2809 Read: 1878 Published: 30/06/2020 Updated: 08/07/2020
Story Notes:
Ce concours est l'occasion pour moi de renouer avec un univers que j'avais laissé de côté depuis quelques temps, Gaeterra. C'est un univers fantastique assez analogue au nôtre (les Hommes y ont les mêmes défauts, certaines problématiques sont les mêmes).

Je remercie SamanthaBlack pour son idée de concours et tous ceux/celles qui s'arrêteront pour me laisser une review.

1. Chapitre 1 by Alrescha

2. Chapitre 2 by Alrescha

3. Chapitre 3 by Alrescha

Chapitre 1 by Alrescha
Marlin s’était installé dans la forêt de Tecma il y avait de cela quelques jours. Il s’était installé dans une chaumière tout près d’un hameau de techniciens adorateurs de la nature. Il lui avait fallu moins d’une heure pour retaper la vieille bâtisse poussiéreuse de leur doyen. Il fallait dire que Marlin était magicien.

Sa profession, il le savait, devait être gardée secrète dans cette partie de Gaeterra. En effet, à quelques kilomètres seulement du paisible hameau avait lieu un conflit armé qui opposait techniciens et magiciens. Le conflit d’une telle ampleur que le mot guerre était parfois employé et retentissait jusque dans les contrées les plus reculées de Gaeterra.

Marlin avait décidé de ne pas prendre parti. Il avait longuement voyagé avant d’arriver ici et il ne souhaitait pas continuer ses errances. Même s’il ne se passait pas une journée sans qu’il se promène, peu importe le temps qu’il faisait dehors. Le magicien était heureux de son habitat et il était enfin en paix avec lui-même. Il rendrait quelques petits services aux villageois pour assoir sa position et ce serait bien, la paix lui serait garantie à vie.

Ce matin-là, Marlin décida de partir sur la journée en excursion, sa besace sur l’épaule et son bâton à la main, il se mit à marcher sous l’ombre protectrice des grands chênes et marronniers de la forêt. Celle-ci était immense, il avait cette impression à chaque fois qu’il quittait sa chaumière. S’agrandissait-elle à mesure qu’il en explorait les recoins ? Sa propre magie faisait-elle pousser de nouveaux arbres ? Tout était possible. Les végétaux n’étaient pas la préoccupation de Marlin. Ils étaient libres de faire ce qu’ils voulaient, de pousser comme ils l’entendaient.

En milieu de matinée, le magicien atteignit enfin le bord de la forêt. Mais devant lui, au lieu de trouver une clairière comme on en trouvait fréquemment, se tenait un désert. Il y avait bien encore de la végétation çà et là mais plus le regard du magicien essayait de percer l’horizon, moins il en voyait.

-Ce doit être les portes du désert rouge, marmonna-t-il pour lui-même.

Ce qui signifiait que les Terres de feu, que TecMa n’était pas très loin. Marlin s’était promis de ne jamais y mettre les pieds. Il ne tenait pas à mourir dans l’explosion d’une bombe technicienne pour défendre les magiciens. Il ne leur devait rien de toute façon. Il n’y avait pas de solidarité entre eux. On naissait magicien comme technicien de deux parents de l’une ou l’autre des catégories et la seule chose qu’on leur devait était la vie. L’éducation, les magiciens se la faisaient en voyageant et les techniciens en travaillant.

Marlin fit quelques pas dans le sable rouge et s’arrêta pour boire à sa gourde. Il commençait à avoir faim aussi. Le soleil tapait fort sans feuillage pour protéger les êtres. Le magicien risquait peut-être l’insolation mais pas la mort. Le désert rouge n’était pas aussi chaud que ce à quoi il s’était attendu mais il était plus grand que ce qu’il avait imaginé.

Le magicien mangea sa collation à l’ombre maigrelette d’un arbrisseau avant de poursuivre sa route. Il admira la trace de ses pas dans le sable, des trous béants dans le sol immaculé. Le vent effacerait les traces de son passage avant qu’il ne fasse demi-tour.

Il se releva en prenant appui sur son bâton et poursuivit son chemin. Il se sentait transpirer sous son chapeau et remercia la bonne idée qu’il avait eue de le prendre de son porte-manteau avant de partir ce matin-là.

Quelque chose qui lui parut comme une heure plus tard, il aperçut d’étranges reliefs arrondis au milieu du désert. De là où il se tenait, on ne voyait ni porte ni fenêtre et Marlin crut pendant quelques secondes qu’il s’agissait de collines mais il se dégageait une drôle d’atmosphère de cet endroit. Le magicien s’y sentait attiré comme s’il avait vu l’éclat de l’or au fond d’une rivière.

Il s’approcha. Il n’y avait pas d’or mais de l’argent. Des flaques d’argent au milieu des dômes rouges. Les flaques séchaient au soleil. Dans plusieurs d’entre elles, il ne restait que des paillettes. Il était assez invraisemblable de trouver du minerai dans le désert rouge.

Mais on y trouvait autre chose. Marlin avait entendu parler de créatures merveilleuses qui l’habitaient. Les djinns. Il ne connaissait pas grand-chose sur eux, sinon que c’étaient des créatures très recherchées car capables d’exaucer tous les vœux. Le sud, le nord, l’est et l’ouest de Gaeterra, tous étaient des acheteurs, vendeurs et braconniers de djinns.

Présentement, dans ce désert rouge, au milieu des traces d’argent qui s’effaçaient, Marlin se disait que les djinns avaient disparu. Il avait la quasi-certitude que l’argent qu’il voyait était du sang de djinn. Le groupe avait été braconné. Ils avaient pris jusqu’au dernier djinn. Parfois, Gaeterra écœurait Marlin. Les habitants pouvaient se montrer si égoïstes parfois… Depuis le temps que les djinns étaient recherchés, personne n’avait eu la décence de souhaiter leur liberté, celle qui leur était due.

Des pleurs sortirent Marlin de ses pensées. Des pleurs d’enfant. Etait-ce le vent qui hurlait dans les rochers ? Etait-il victime d’une hallucination due au soleil qui tapait trop fort dans ce désert ? Il s’épongea le front avec son mouchoir, se tourna et se retourna en espérant éclaircir son esprit. Il y avait toujours des pleurs. Il entendit renifler.

Il avança aussi silencieusement qu’il put. La dureté de la terre à cet endroit du désert le surprit et le bruit de ses premiers pas fit s’interrompre les pleurs. Marlin resta immobile plusieurs instants. Si djinn il restait, il se cacherait en présence d’un inconnu. Il refit un pas puis deux.

Un mince, très mince filet argenté coula bientôt à ses pieds. Le djinn n’était pas loin. Marlin décida de s’arrêter. Il était inutile d’aller plus loin s’il ne comptait pas effrayer la créature. Et puis, il commençait à fatiguer et il lui fallait rentrer chez lui.

S’appliquant cette fois à ce que le djinn l’entende, il fit demi-tour et retourna dans sa chaumière.
Chapitre 2 by Alrescha
Author's Notes:
Bonne lecture !
Très fatigué de son excursion, le magicien se tint un moment devant ses bibliothèques. Il devait en apprendre plus sur les djinns et leurs habitudes. Etaient-ils humanoïdes ? Etaient-ils monstrueux ? Avaient-ils du caractère ? Le magicien se sentait plus curieux que jamais. Il avait beaucoup plus entendu parler des djinns qu’il n’en avait approchés. En fait, le commerce de djinns ne visait qu’à satisfaire les riches habitants du sud et les rois jumeaux de Gaeterra. Si vous n’étiez ni l’un ni l’autre, vous n’en voyiez jamais. Si au début les braconniers capturaient les djinns pour leur plaisir personnel, ils étaient souvent amenés à s’en séparer, monnayant de l’or évidemment. Marlin avait le souvenir d’un homme qui s’était vu confisquer son djinn par la garde royale. Ce trafic révoltait le magicien. On exploitait les djinns jusqu’à la moelle et on appelait ça le progrès. Aujourd’hui, c’était eux, demain ce serait quoi ? Les enfants ? Les jeunes magiciens ? On avait bien exploité les techniciens (et on continuait à le faire).

Las, Marlin s’endormit, l’esprit alourdi de ses questions. Il trouva cependant un peu de légèreté en imaginant la forme et l’apparence qu’adoptaient les djinns. Il avait hâte d’en voir un.

Il retourna dans le désert rouge le lendemain, espérant bien apercevoir la créature. Cette fois, il n’y avait pas de pleurs. Des flaques qu’il avait vues la veille ne restaient plus que des auréoles blanches et grises.

-Je m’appelle Marlin, je suis magicien, annonça-t-il. Je ne vous veux aucun mal.

Evidemment la créature ne se montra pas. Elle aurait été bien ingrate de le faire. Elle avait toutes les raisons de se méfier après ce qu’elle venait de vivre.

En de telles circonstances, Marlin ne se voyait pas forcer la créature à sortir de sa cachette. Il devait prouver sa bonne foi. Il pouvait s’assurer qu’elle survive. De quoi se nourrissaient les djinns ? C’étaient des créatures fragiles. Pour cette raison, elles étaient constamment chassées, traquées et capturées. Les Hommes n’étaient jamais satisfaits. Les djinns devaient donc se nourrir de… Modestie ? De contentement ? De satisfaction ?

Le magicien se força à ressentir la plénitude. Il n’avait besoin de rien, il avait tout ce qu’il lui fallait. Il ne convoitait rien. Il s’assurait juste que le djinn survivrait.

Il resta un temps infini ainsi, en plein désert, le soleil tapant fort au-dessus de sa tête. Il décida de partir lorsqu’il fut au bord du malaise. Prenant appui sur son bâton, il reprit ses esprits, murmura : « je reviendrais » et retraversa le désert à pas lents.

Deux jours plus tard, alors que Marlin croyait ne jamais voir le djinn, il eut une apparition miraculeuse.

Un enfant à la peau bleue foncée se matérialisa devant le dôme face à lui. Ses cheveux aussi étaient bleu foncé presque noir.

Marlin ne bougea pas. Il ne voulait surtout pas l’effrayer. Il était fasciné par la créature qui se tenait en face lui. Le djinn avait un aspect aussi solide qu’un humain. Ses yeux noirs regardaient le magicien avec la même fascination.

-Comment tu t’appelles ? lui demanda celui-ci d’une voix douce.
-Caleb, répondit l’enfant.

Il y avait encore des traces de larmes sur son visage bleu. Marlin pouvait voir des paillettes d’argent le long de ses joues et de son nez en trompette.

-Qu’est-ce que vous voulez ? Vous voulez me capturer aussi ?
-Non, répondit Marlin. Je viens juste voir comment tu vas.
-Vous venez tous les jours…
-Oui, je m’inquiète qu’un jeune djinn soit seul dans cet endroit.
-J’étais en sécurité… Avec mes parents… Ils ont emmené tout le monde.

Marlin hocha la tête malgré lui. Oui, il imaginait bien la scène qui s’était déroulée ici.

-Si quelqu’un apprend qu’il reste un djinn, les braconniers reviendront, dit-il.

A ces mots, l’expression de Caleb se crispa, se fit plus triste encore.

-Je peux te protéger, dit Marlin dont cette vision brisait le cœur.

L’enfant leva vers lui ses yeux onyx.

-Comment ?
-Je suis magicien. Je peux faire en sorte que personne ne sache que tu es ici.
-Je peux me cacher tout seul…
-Oui, je sais… Mais si tu te sens seul, eh bien, je peux t’accueillir chez moi. J’habite dans la forêt là-bas. Je te protègerais. Tu n’auras plus à craindre les Hommes.

Il lui montra la haute étendue de verdure. Le djinn sembla stupéfait et perplexe à la fois.

-Je vais te laisser. Je reviendrais plus tard.
Chapitre 3 by Alrescha
Author's Notes:
Bonne lecture !
Marlin était inquiet, véritablement inquiet. Lui qui ne l’avait jamais été pour personne. Savoir l’enfant djinn seul au milieu du désert rouge lui donnait les foies. Il avait peur que Caleb soit victime de braconnage et de trafic lui aussi. Mais il ne pouvait pas obliger le djinn à le suivre. Comment allait-il le convaincre ? A l’entendre, Caleb était bien là où il en était, en sécurité et tout… La vérité c’était que ce n’était qu’une question de temps avant qu’un Homme ne le trouve.

Le magicien réfléchit. Il y avait sûrement un moyen d’aider le djinn. Personne ne soupçonnerait qu’il y avait encore des djinns dans le désert rouge. Pour cela, Caleb devait le suivre ici et Marlin devait lui donner une apparence humaine. C’était la seule solution. Le seul moyen réellement efficace pour que le djinn soit complètement en sécurité.

Mais comment procéder ? Marlin connaissait des enchantements d’illusions mais il ignorait s’ils pouvaient s’appliquer aux djinns. Est-ce que la magie fonctionnait sur eux ? C’était une question qui avait son importance. Autrement les techniciens s’apercevraient tout de suite qu’un djinn vivait parmi eux. Autant laisser Caleb dans le désert rouge à la merci de tous…

Il ne pouvait pas faire ça. Il lui fallait un plan parfait, sans défaut. Il devait faire des recherches.

Les recherches de Marlin furent interrompues un matin qu’il revenait des bois avec des fruits sauvages. Son regard tomba sur des traces de pas devant chez lui. Comme si quelqu’un s’était brutalement aventuré de son côté de la forêt.

Bien qu’il n’ait dit à personne qu’il était magicien, Marlin pouvait sentir leur méfiance. Beaucoup d’étrangers, de déracinés, voyageaient d’une contrée à une autre sur Tecma. Ils n’étaient pas toujours les bienvenus. Parfois même on les exilait jusqu’à ce qu’ils meurent en pleine rue, affamés et déshydratés. Il avait entendu que c’était le traitement que les gens du sud réservaient aux migrants, aussi avait-il pris un soin particulier à éviter les contrées du sud.

Il quitta ses pensées pour se concentrer sur les traces. Elles se dirigeaient vers le désert. Le magicien prit son chapeau et son bâton et les suivit.

Comme il le redoutait, le technicien était déjà largement avancé dans le désert. Les habitations des djinns n’étaient qu’à quelques mètres.

Dès qu’il fut suffisamment près, Marlin prononça une incantation pour l’endormir. Avec un peu de chance, le technicien croirait qu’il avait rêvé.

Caleb apparut. Il ouvrit de grands yeux sombres en voyant que l’intrus était immobile.

-Qu’est-ce que vous lui avez fait ? lui demanda-t-il mi-inquiet mi-choqué.
-Ne t’inquiète pas. Je lui ai jeté un simple sortilège d’endormissement. Il dort. Il ne se réveillera qu’au contact de l’eau.
-Mais nous sommes en plein désert… objecta Caleb.
-Un magicien a toujours ce qu’il faut au moment où il le faut, dit Marlin en lui montrant sa gourde.

Cette réponse rendit muet le djinn quelques instants.

-J’ai cru que vous ne reviendriez pas.
-Je suis désolé, Caleb, je faisais des recherches.
-Des recherches sur quoi ?
-Je cherchais le meilleur moyen de te protéger.
-Vous l’avez trouvé ?
-Je n’en ai pas eu le temps… Cet énergumène m’a rendu extrêmement inquiet pour ta sécurité. Le plus efficace serait un sortilège d’illusion. Tu aurais une apparence humaine et personne ne soupçonnera ce que tu es vraiment. Le problème c’est que je ne sais pas si ce sort fonctionne sur les djinns…
-Je suis sûr que vous trouverez une solution. J’ai réfléchi à ce que vous m’avez dit l’autre jour. Vous avez raison. Le désert n’est plus un lieu sûr pour moi. Vous m’avez sauvé la vie. Personne ne fait ça pour un djinn.
-Je ne veux pas que tu te sentes obligé de me suivre si tu n’en as pas envie…
-Je ne me sens pas obligé, le coupa Caleb. Vous êtes mon ami.

Ses mots émurent Marlin. C’était son tout premier ami.

-… J’espère être à la hauteur de notre amitié.
-Je pense que vous le serez.

Et sur ces paroles, le djinn prit la main du magicien. Ensemble, ils traversèrent le désert et une partie de la forêt. Ils étaient confiants l’un en l’autre et dans l’avenir. Ils trouveraient une solution de vaincre les démons de Tecma, ces démons qu’étaient les Hommes.
End Notes:
Et voilà clap de fin pour cette histoire ! J'espère qu'elle vous a plus. Je mettrais peut-être la suite des aventures de Caleb le djinn un jour. Alors surveillez les Nouveautés !
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