Prélude : Cry me a river by Fleurdepine
Summary:

 

Le début c’est la fin et ça ne commence pas très bien puisque Violette et Olivia ne se parlent plus.

Mais ces deux femmes se sont aimées, ou du moins à peu près. 

Alors voici les pensées et lettres de Violette à Olivia.

Le prélude d'un amour décimé. 

A jamais ?

 

 

C’est un peu un recueil de la musique aussi, et de la folie.

1. Marry the Night

2. Lettre à la folie

3. Désormais

4. I love you

5. Cry me a river

6. Touch me

Crédit image :
Alexander Jawfox
Montage par la super Seonne


Categories: Romance, Tragique, Contemporain Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle, Poésie (prose)
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 6 Completed: Oui Word count: 4228 Read: 589 Published: 29/06/2021 Updated: 25/07/2021
Story Notes:

Voici une mini-introduction à l'histoire d'Olivia et Violette, qui va rythmer tout le mois de juillet, à raison d'un chapitre par jour. 

Merci à Seonne pour cette magnifique illustration <3

1. 1. Marry The Night by Fleurdepine

2. 2. Lettre à la folie by Fleurdepine

3. 3. Désormais by Fleurdepine

4. 4. I love you by Fleurdepine

5. 5. Cry me a river by Fleurdepine

6. 6. Touch me by Fleurdepine

1. Marry The Night by Fleurdepine
Author's Notes:

Ce premier chapitre est une espèce de 'songfic' sur la chanson de Lady GaGa - Marry the night. (que j'aime d'amour, notamment le clip qui est carrément un court métrage, mais si puissant ptn, si vous avez 14 minutes devant vous, regardez-le). Ce devait être le deuxième mais je trouvais "Lettre à la folie" un peu trop personnel et intime pour commencer. 

Les paroles tirées de la chanson ont été mises en italique.

Bonne lecture <3

Marry the night

Toi et moi, on devait se marier avec la nuit, tu te souviens (certainement pas, vu que ta mémoire est mauvaise).

Pas grave.
Avec ton justaucorps. Non, je déconne. T’étais plutôt jean et hoodies et peut-être des bottines qui claquent contre le sol. Juste pour faire style.
et puis tes bas résille.
Moi, j’aurais mis mon plus beau body, pour toi. Celui qui me rend sexy. Pour toi, et pour la nuit.
Et l'on se serait dit « Oui ».
On se l’est déjà tellement dit.
Lorsqu’on se couchait sur le trottoir en priant que personne ne nous écrase et en riant comme des idiotes. Comme des chèvres. Comme une porte qui grince. Comme tous les sons les plus tordus et les plus absurdes de l’univers.
Lorsqu’on pensait que les rues nous appartenaient.
Lorsqu’on allait chez mes amis et que tu me refilais en cachette ta coupe de champagne parce que tu détestais ça mais que tu ne voulais surtout pas que les autres le découvrent.
Lorsqu’on courait pieds nus sur le béton et qu’on se croyait les reines du monde (et nous étions les reines. Du moins, toi tu l’étais. Ma reine).

On faisait l’amour sur l'asphalte parce que l’on s’aimait et que la nuit nous avait épousées. On prenait toutes les libertés possibles, rien ne nous était interdit, nous avions la fureur de vivre et l’urgence d’être. Pour de vrai. Alors les trottoirs, l’herbe humide des Invalides, le dernier rang de la salle 3 du MK2 Quai de Loire, ou même l’intérieur du Sacré-Cœur, aucune limite à notre amour, bébé, dans cette ville, et la frénésie de la nuit qui nous encourageait.


Je vais tout de même me marier avec la nuit, sans toi cette fois.
Elle m’aura été fidèle jusqu’au bout des galères. Sans toi. 
I won’t give up on my life.
Je suis une reine guerrière et je vis passionnément ce soir.
J’emprunte les mêmes routes, plus ivre, et plus seule assurément, mais le vent souffle sur mon visage lorsque je cours comme une gosse et je me sens revivre, la nuit. Les lumières tamisées donnent à Paris un air plus charmant.
Je n’ai plus peur du noir.
Je vais épouser l’obscurité, je vais faire l’amour aux étoiles, à défaut de toi. Je suis un soldat de mon propre vide. Je suis une gagnante.
Je me le répète pour y croire. Je suis une gagnante. Même si j’ai tout perdu. La nuit est à moi. Je ne pleurerai plus jamais. Je me roulerai sans arrêt sur les pelouses des Buttes-Chaumont et me baignerai dans sa cascade, espérant retrouver les artistes de mon passé.
J’attendrai chaque soir que la nuit tombe, dans mon studio ridicule. Et quand l’heure arrivera, je vais lacer mes bottes, mettre un peu de cuir et traîner dans les rues que j’aime, avec mes gants en résille. Je suis une pécheresse.
Je lancerai à tout le monde des regards de défi : « Venez me le dire en face ». (Viens me le dire en face). Je m’en moquerai. Je ressemblerai à une pute parce que je voudrais être désirable et provocante.
Puis j’irai dans les bars, mais promis, je ne pleurerai plus jamais. Je tiendrai haut mon verre de whisky. J’embrasserai le barman deux fois de suite. Je serai heureuse et fière de me faire offrir une tournée interminable de shoots. Et à la fin, je pleurerai quand même parce que, dans le fond, je suis une looseuse. 
Mais même ivre de tristesse, je me souviendrais que je vais épouser la nuit et je ne laisserai rien à explorer sur ces rues. Parce que ce sont les nôtres. Et personne n’a le droit de les souiller, pas même moi. 

 

End Notes:

Lady GaGa, Barbara, Pomme, Mylène Farmer sont des queen qui feront des apparitions à nouveau dans ce recueil ou celui des 31 jours de juillet <3

2. Lettre à la folie by Fleurdepine
Author's Notes:

Bon et bien, puisqu'il faut se lancer, voici le deuxième chapitre qui était en fait le tout premier texte sur Violette et Olivia. 

N'hésitez pas à me laisser vos retours et à aller lire le recueil 31 jours pour expédier la douleur, qui se concentre sur leur histoire.

Merci à Seonne pour son magnifique commentaire du chapitre précédent <3 

Bonne lecture ! 

(Un jour, en juin)

 

 

Lettre à la folie

 

Lexomil. Paracétamol. Stilnox. Lorazepam MYLAN. Prozac. Xanax. Tercian. Alcool. Alcool. Alcool.

Voilà à quoi ma vie en est réduite. 

Je ne t’accuse qu’à moitié, l’autre moitié c’est le hasard. 

Je t’aimais du plus profond de moi et c’est rare. Quand j’aime comme ça, c’est l’ouragan Katrina qui ravage à nouveau tout sur son passage ; je donne, je suis prête à tout, je pourrais attraper la lune et toutes les belles choses qu’ont chanté des personnes comme Edith. Ou Barbara.

C’est pour ça qu’il faut toute une armée de soldats pour tuer la douleur, tous ces noms qui font rire quand ils ne font pas peur.

Je me demande tout de même, que leur arrivait-il, à ces artistes, lorsqu’un si violent amour se retrouvait repoussé, balancé, refusé, méprisé, ignoré, comme tu l’as fait avec le mien ?

Barbara paraissait oublier, s’amuser avec d’autres ; elle chantait qu’elle n’était pas de celles qui meurent de chagrin (et je l’admire pour ça). Edith, à l’inverse, je l’imagine toute entière mobilisée. Je la vois à genoux, hurlant et suppliant, frappant à la porte de l’être aimé, les larmes coulant à flot, jusque sur ses cuisses. Je suis plus une Edith qu’une Barbara, qui l’eut cru ? 

Mais tout de même, pas à ce point, pas dans cette extrémité. Puisque les médicaments me calment, il ne faut pas l’oublier. 

Je ne peux plus dormir. Je pleure sans cesse lorsque je suis sous la douche. Je croise à peine un souvenir de toi et l’émotion me prend vivement. Qu’as-tu fait de moi ?

O L I V I A, ce prénom que même les médicaments n’arrivent pas à me sortir de la tête et du cœur et de la cage thoracique. 

Je t’ai follement aimée et j’espère, dans le fond, que je l’ai été un peu aussi. Par toi. J’espère n’être pas totalement folle ? 

(Et si je me pose la question, est-ce bon signe ou mauvais signe ?)
Je mélange tout — les médicaments. Je ne trouve pas d’issue à la douleur, à mon mal-être. Je tente, je parle, je converse, je dis des banalités, je rencontre des collègues, je bois des verres en terrasse, je suis des thérapies, je me pose sur l’herbe bien verte de l’esplanade des Invalides, je me force à aller au travail, à être impeccable - et si je fais une pause pour pleurer, personne ne peut en témoigner - je joue à Mario Kart avec J et j’essaie de construire de faux projets pour me concentrer sur une idée qui n’est pas toi.
Ça ne fonctionne pas.

Bon, c’est faux, ça fonctionne quelquefois.

Mais toi, tu t’es incrustée dans ma chair de façon indélébile. Une lame dans mon cœur, ce serait  certainement moins pénible. 

Je t’aime. Je veux te le dire, te le répéter, que ce ne soit pas un excès.

Est-ce que tu me détestes ? 

Je me demande si tu ris toujours, plus ou moins maintenant ? Moi, je ris moins, c’est évident.

Je ne peux même plus lire ou regarder des films. Je ne pense qu’à toi. 

A toi qui as été si précieuse ces derniers mois, qui as été mon ensemble, mon tout. J’ai trop misé sur nous. 

Je sais, c’était fragile, et je me suis lancée quand même. Mais n’est-ce pas ce que font les fous ? 

J’y croyais — et ça fait peut-être de moi une imbécile mais je t’aimais, alors j’accepte de l’être. 

L’alcool me monte à la tête, et le lexomil m’appelle à lui.

Je vois le regard des autres et j’aimerais leur hurler

JE NE SUIS PAS FOLLE VOUS SAVEZ

Mais, à ce moment précis, j’aurais perdu toute crédibilité.

 

Je t’aime, putain. Et l’autre, qui a lui aussi laissé des traces dans mon abdomen et toutes les parties fragiles de mon corps (mais le ventre et le vagin, ce sont les pires) ne fait que rendre la situation plus insupportable à vivre. Tout se décuple, et je jure que ce n’est pas la faute des médicaments. Les médicaments sont là pour m’aider. Pour m’aimer. J’aimerais tant être aimée. J’aimerais tant être aimée. J’aimerais tant être aimée par toi. Ou une autre. (Un autre). Mais je ne vais pas partir sur un monologue à propos de l’amour parce qu’on en a assez du pathétique et que je veux avancer (je n’ai plus d’énergie). Pour ne pas sentir le poids de ces derniers mois, je dois avancer (et je n’ai plus d’énergie). Avec toi dans ma tête et chaque parcelle de mon corps, comme un nouveau démon qui m’accompagne. J’espère que tu t’amuses bien, avec les autres démons — certains sont plutôt aimables. Tu fais sûrement partie de cette catégorie. Je ne sais plus. Je ne sais plus rien. Je ne comprends pas pourquoi tu me détestes autant et si je t’ai fait du mal, je le regrette amèrement. 

Mais cette lettre est folle et ne sert à rien. Je devrais la signer Eleonore Toly. C’est mon double maléfique. 

Je la signe à moitié de mon prénom, parce qu’elle est à moitié vraie. 

Pour toujours,

Avec amour,

Viol

(ça fait mal, n’est-ce pas ? ça fait drôle. ça fait folle. ça fait toi et moi.)

PS : j’écoute Pink Floyd et c’est absolument parfait, Shine on you crazy diamond, je ne sais pas ce que tu penses d’eux mais puisque tu aimes la musique, je me suis dit que la référence te plairait.

 

End Notes:

Voilà, je sais pas trop comment vous avez reçu tout ça, c'est le texte le plus personnel de tous je pense. Merci d'avoir lu :hug:

3. Désormais by Fleurdepine
Author's Notes:

Désormais s'inspire à moitié de la chanson d'Aznavour, qui a été, pendant longtemps, ma préférée de son répertoire et à moitié de Mylène Farmer, Désenchantée et Beyond my control (en italique dans le texte).

Désormais

 

Désormais
Il faudra tout changer. Des futilités et des habitudes dont il est difficile de se séparer
Désormais, on ne nous verra plus ensemble et c'est autant insupportable que banal.


Nous ne connaîtrons plus la même peur de voir notre bonheur s'échapper. Nous ne serons plus indécentes et farouches devant une audience offusquée. Nous ne nous enverrons plus des commentaires de mille kilomètres de long en se glissant des je t'aime qui ne veulent rien dire.
Nous ne finirons pas non plus dans une déchèterie ; ça peut paraître idiot mais je m’étais faite à l’idée et ça me fend le cœur de penser que nous ne serons plus jamais des déchets. Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer.



Allumez la musique.
Ou plutôt éteignez-la.


Et tous ces souvenirs déjà vieux et dépassés.
Les danao, ces satanées boissons que je n'achetais que pour toi, parce que tu aimais ça.
La chanteuse au nom maudit dont je ne te parlais pas, parce que tu ne l’aimais pas.
Notre langage que personne ne pouvait comprendre, mélange de douceur et de folie, notre langage à nous qui n’était peut-être pas autant semblable que je l’avais pensé. 
Les mêmes histoires qui nous excitaient ou qui nous décevaient — et nous avions tellement ri lorsque nous l’avions réalisé —, tout ça c'est fini.

Toutes ces questions que je n'ai jamais osées te poser.
Toutes ces phrases que je ne pourrais plus jamais prononcer (parce que c'est fini).



Tout ce que nous ne ferons plus, finalement.
Tout ce qui s'arrête ici
Parce que tu l'as décidé
Tout ce que j'avais dessiné pour nous deux
Tout ce que.
Ce que.
Je n'ai plus le cœur à le dire.
Ce que je donnerai pour revenir en arrière et agir exactement comme tu l'aurais souhaité
Être une putain de poupée
Une marionette
Juste pour que tu ne me rejettes pas
Pour que tu ne me détestes pas
Pour que. Putain. Stop.
Je suis prête à être ta marionnette
Mais ce n'est peut-être pas la plus belle chose à dire,
À offrir
N'est-ce pas ?
Je cacherai mes larmes.
Chasserai tes insomnies
Je les absorberai
(Je te jure c'est déjà le cas, je suis déjà contaminée).
Je ferai de toi et de moi le plus beau des poèmes.
Mais là je n'ai plus de cœur.



Tous ces jolis mots que tu disais et que tu ne diras plus jamais, les ai-je imaginés ? Je ne suis plus la plus belle chose qui te soit arrivée dans la vie ni la plus sexy, je ne t'ai pas permis de combler (un peu) le vide en toi, je ne t'ai pas fait rire des nuits durant, si bien que tu ne devais pas te retenir d’être discrète, je ne t'ai pas offert des milliers de mots juste pour te rendre heureuse, je n'ai rien fait de tout cela et tu n'as rien dit de tout ça, n'est-ce pas ?

Et tu ne m'aimes pas, moi non plus d’ailleurs je ne t'aime pas, je ne t'ai certainement jamais aimée, je n'ai pas pensé à toi à chacune de mes journées, chacune de mes nuits, chacun des instants importants de ma vie, même encore aujourd'hui je ne le fais pas. Je n'ai pas imaginé construire un autel rien que pour toi, avec Tony, et cueillir la lune pour illuminer ton cœur, je n'ai pas pleuré parce que tu ne me rejetais pas, que tu ne me répondais pas, je n'ai pas passé des nuits blanches parce que ton image ne me hantait pas. Tu ne m’as pas hantée et rien de tout cela n’est vrai.

Et tout ce que j'écris ou n'écris pas n'est pas lié à toi, Olivia. Tu n'es pas une constante dans mon esprit. Ne t'inquiète pas, tu n'es pas au centre de toutes mes pensées, et certainement pas au centre de mon monde.
Il n'y a qu'un trou noir. Ça n'est pas toi.
Et si rien n'avait de sens comme le dit Mylène, alors tu ne serais pas l'inconnue de cette équation-là, tu ne serais pas la réponse, tu ne serais même pas là. 
Tu n'es plus là.

Je n'aurai jamais une telle complicité avec personne d’autre, c’est évident et douloureux mais surmontable dans le temps. Personne n'est capable de te dépasser. Je ne te mets pas sur un piédestal, c'est beaucoup plus que cela ; ce n'est pas un mensonge, à peine un constat. Ce n'est pas ce que tu attends, en revanche, je le sais, je n'ai jamais été à la hauteur de ce que tu attendais de moi.



Et ces mots que je croyais nôtres, tu les diras dans d'autres bras
Je les ai peut-être rêvés, ils n'ont peut-être jamais été adressés à moi.
Qui sait
Qui peut témoigner
À part toi
Sauf que tu les as retirés
De partout sauf mon cœur
Espace le plus têtu de la galaxie


Ces mots ne sont plus à personne. Désormais. Ils sont posés là, en suspension, dans le vide à côté de mon siège.


Désormais je garderai ma porte close.

Désormais, enfermée dans ma solitude, je traînerai parmi les choses qui parleront toujours de toi.


Je ne te dirai pas que je me suis tondue une partie du crâne sur un coup de tête, à une de ces soirées LGBT pour célébrer les gouines, et je ne te dirai pas non plus que ça me va vachement bien parce que tu ne m'écouteras pas et, surtout, tu t’en foutras. Alors quand je prendrai mes places pour le concert de Mylène le 1er octobre à 10h précises, je ne t’en parlerai pas plus, et quand le 15 juillet passera et que les billets que je n’ai pu échanger s’effaceront avec le temps, je resterai silencieuse à nouveau. Je ne partagerai plus rien.

Ne t’éloigne pas de mes bras. Je ne mourrais pas dans les tiens. Je commence à me faire à l’idée même si ce n’est pas l’idéal. 

Je ne comprends pas pourquoi j’ai du sang sur mes doigts. Jamais je n’ai voulu te blesser de la sorte. Il faut que je te rassure, que je calme tes blessures, mon amour. Dors en paix je t’assure, je veillerai ta sépulture, mon amour. Je le jure. 

Je te rejoindrai peut-être

Si tu veux bien de moi. 
Je serai là. 
Toujours.

 

 

Là.

 

 

End Notes:

Merci beaucoup d'avoir lu :hug:

 

4. I love you by Fleurdepine
Author's Notes:

Un nouveau chapitre par ici !
Vous avez peut-être d'ailleurs remarqué que j'ai augmenté le nombre total de chapitres, il y en aura finalement 6 :)

Ce texte se base sur une chanson de Billie Eilish qui s'appelle I love you (paroles en italique dans le texte).

Bonne lecture !
(Ce texte est encore en construction et est susceptible d'être retouché à l'avenir)

Chapter Text

I LOVE YOU - BILLIE EILISH

 

 

 

Ce n’est pas vrai.

Dis-moi qu’on m’a menti. 

 

Est-ce que le ciel leur est tombé sur la tête ou est-ce

la jalousie ?

 

 

Qu’est-ce que j’ai fait ?

Je ne joue plus, bébé

ne veux-tu pas retirer ce que tu viens de dire

s’il te plaît ? 

 

 

Car même les artichauts ont un cœur et il n’y a eu que de la douceur 

entre toi et moi

(et des pleurs)

(accidentels)

Ou alors on retourne en arrière ?

pleasepleasepleasepleasepleaseplease

revenons au début lorsque tu m’aimais.

Laisse-moi rembobiner

 

 

non

 

 

Je ne peux pas croire que ce soit vrai.

 

 

Debout toute la nuit, encore une nuit blanche

(Allo, les urgences ?)

J’aurais aimé que nous n’ayons jamais appris à voler

(je suis en chute libre)

(aidez-moi)

(interlude : personne n’arrive)

(épilogue : la chute était si douloureuse que j’ai perdu vingt ans)

(et beaucoup de sang)

(mais ça n’est pas important)

Tout était plus joyeux 

lorsque l’on trébuchait

lorsque l’on apprenait

Lorsque l’on osait à peine

se dire que l’on s’aimait 

Si l’on recommençait laisse-moi te dire :

je serai irréprochable, je te le promets. 

 

 

Peut-être qu'on devrait juste essayer 

De se raconter un bon mensonge.

 

Faire comme si ça n’avait pas été, rien de tout cela, toi et moi

Des étrangères

Faire semblant s’il te plaît

C’est ma dernière supplication. 

(et se rencontrer à nouveau pour la première fois)

(et être enthousiastes comme des adolescentes qui découvrent un plaisir nouveau)

(et passer des nuits blanches)

(et se respecter)

(et communiquer)

(cette fois)

 

 

Je ne voulais pas te faire pleurer.

J’aurais donné mon sang pour tes crampes aux joues.

Tout mon sang et un de mes reins

Mais je ne voulais pas te faire pleurer.

Jamais jamais jamais jamais jamais

 

Le sourire que tu m'as donné 

Même quand tu avais envie de mourir.

 

La beauté. Pure, dure, brute, éternelle.

Impossible pour elle de faner. 

Impossible de l’ignorer, de l’oublier.

 

 

Le sourire que tu m’as donné même quand tu avais envie de mourir. La plus belle offrande de tous les marchés. 

 

Nous tombons en morceaux à la tombée de la nuit 

Je suis dans tes bras à Central Park 

Il n'y a rien que tu puisses faire ou dire. 

Je ne peux pas échapper à la façon dont je t’aime. 

Je ne veux pas, mais je t’aime.

Et New York est plus beau que dans mes rêves. 

Plus triste aussi, mais plus illuminé.

New York, c’était mon utopie chérie. 

 

 

Dire que j’avais cessé de pleurer dire que j’avais réussi à panser mes plaies dire que je pensais t’oublier dire que tu n’étais plus signifiante dire que je te méprisais dire que je recommençais à vivre dire qu’à part les calmants et mes parents, tout était comme avant. Avant toi. Dire que et que et que et que et que et que et que et que et que et que et que et que.

 

 

Dis-moi qu’on m’a menti,

Que ce n’est pas vrai

C’était un cauchemar

je me suis réveillée six mois plus tard

et rien ne pouvait avoir changé

ce n’était pas moi mais mon double 

celle qui n’hibernait pas

celle qui était plus envahissante

mais ce n’était pas moi. 

Pas moi.

Et pas toi.

Dis-moi qu’on m’a menti.

 

 

Ou alors c’était une erreur.

Il suffisait de la gommer.

Ce n’était pas évident mais on pouvait y arriver.

En retenant nos doigts de trembler.

Parce que c’était toi, parce que c’était moi

Et parce que l’on s’aimait. 

 

5. Cry me a river by Fleurdepine
Author's Notes:

Et le titre du recueil pour celui-ci ! Il est un peu inachevé et peut-être comme Radiguet le disait, il aurait humain de le faire, mais je voudrais que celui-ci soit entièrement publié avant l'autre donc je me fous un coup de pression.

CRY ME A RIVER

Je veux te raturer au feutre noir

Je veux t’effacer de ma mémoire

Je veux t’avaler

Je veux te perdre, ne t’avoir jamais eue,

Je veux que ton histoire

ne me bouleverse plus.

Je veux t’enlever de mon corps.

Je veux ta disparition mon amour.

Je veux t’oublier, te reprendre ce que je t’ai donné. Mon cœur. Le temps, les heures, les semaines que je t’ai consacrées. Une éternité.

Je veux que tu pleures une rivière

comme tu m’as fait pleurer des torrents

et des torrents à faire frissonner des océans

et je veux que tu me regardes

ou plutôt que tu baisses les yeux devant moi

que la honte te submerge

Je veux ta bouche. Je veux tes cheveux. Je veux ton odeur.

Je veux te mordre le cou.

Je veux que tu ravales tes mots. Tes pires pensées. Je veux que tu me considères.

Je veux tes regrets. 

Tes excuses.

Je veux rembobiner. Je veux être aride, pour ne plus pleurer.

Je veux

J’ai toujours voulu, oui, mais je n’ai jamais rien eu, tu mens. Tu mens et tu te noies dans tes mensonges, menteuse, même pas amoureuse.

Je veux, comme dans Eternal Sunshine of the spotless mind, être capable de retirer tous nos souvenirs. Même les plus beaux. Car tu les as rendus ternes, dégueulasses. Car tu les as salis par tes mots indignes. Car tu as détruit toute leur élégance. Je veux presque te faire payer, mais je veux ne plus m’en enquérir. Car tout ce que je veux de toi te donne une importance que tu ne mérites pas.

Et les millions de larmes qui ont coulé comme une rivière pourraient m’engloutir toute entière. Je veux que tu te sentes concernée un minimum, que tu regardes en face le marasme que tu as causé. Et que tu cesses de t'enfuir.

Et je ne veux plus rien. De toi. Et en même temps je veux tout. Et en même temps je m’épuise. Et en même temps je suis si traumatisée que je crains de ne jamais y arriver. Et en même temps, je veux mourir. Pas pour de vrai, mais dans l’idée. Je veux que ça s’arrête. Et je suis épuisée.

Je voudrais m'oublier.

End Notes:

Merci d'avoir lu !

 

J'avoue que j'ai un peu hâte de me débarrasser de ces textes car je ne suis plus tout à fait dans le même état d'esprit et j'ai surtout envie d'avancer.

6. Touch me by Fleurdepine
Author's Notes:

Et voici l'heure du dernier chapitre de ce recueil : Touch me.
Cette fois, c'est un hommage aux Doors et à Angèle & Dua Lipa qui m'ont procurée beaucoup de joie.

Merci à toutes les personnes qui m'ont lues.

Merci Sifoell pour tous tes commentaires <3 

TOUCH ME - LES DOORS

 

Peut-être qu’avec du temps, ça partira. 

 

Mais le temps c’est de l’argent et je suis pauvre. Ou, du moins, mon esprit est pauvre depuis que tu l’as quitté. Je crois que c’est comme ça qu'on dit. Enfin, ça n’a plus grande importance à présent. 

Il m’a fallu trois mois pour recommencer. A aller au cinéma, à retrouver le théâtre, mes amies, à marcher de nouveau dans Paris. A dormir sans être tourmentée sans arrêt. A me réveiller normalement et pas de sueur ni de tension ni de panique ni de trou dans le cœur. 

Il m’a fallu trois mois pour reconstruire un semblant de vie. Parfois j’ai l’impression de ne plus être réelle et j’entends Gabriel qui me dit : « On va te réaliser ». C’était la vieille époque, avec Angèle, à Stalingrad. C’était si lointain, je devais avoir ton âge, et ça me picore le cœur. Picorer le cœur, c’est-à-dire qu’un héron géant est entré à l’intérieur et me bouffe des bouts d’organe dès que tu reviens, c’est-à-dire toutes les dix minutes. 

Mais hier, j’ai bu, alors ça allait. 

C’est toujours comme ça. 

 

Enfin, peut-être qu’avec du temps, ça partira

 

Aux soirées, personne ne devine mes larmes. Je les écoute discuter de tel ou tel amant, de sexe et de passion, et je pense à toi. L’alcool ne suffit pas à me faire oublier qui tu as été même si ton image est de plus ou plus floue — je la vois s’éloigner. On ne me questionne pas sur l’état de mon cœur. On part du principe que c’est acquis. Je les écoute simplement parler et, comme Diam’s, personne ne se rend compte que j’ai une poussière dans l’œil. Ton image s’éloigne pourtant mais je sais que tu es toujours là quand mon corps tout entier se tend en pleine nuit et que je dois reprendre un demi milligramme de Lorazepam MYLAN.

 

Mais avec du temps, ça commence à partir. 

 

Parfois, prise d’un délire, je te revois (peut-être le résultat des mélanges à trois, alcool, drogues, calmants). Tu es comme face à moi, revenue. Et je peux te dire ce qui est au plus profond, ce que je t’ai toujours dit : 

 

« Maintenant je vais t’aimer jusqu'à ce que les cieux retiennent la pluie. Je vais t’aimer jusqu'à ce que les étoiles tombent du ciel pour toi et moi. »

 

Et cette fois, tu me crois. Enfin, en tout cas, tu ne me broies pas le cœur.

 

C’est une vraie promesse (mes promesses ont toujours été vraies), je t’ai toujours associée aux étoiles et à la lune, je t’ai toujours associée à un amour pur et violent, presque irréel, comme les désirs de Caligula dans la pièce de Camus. Pourquoi Caligula intervient-il à ce moment-là ? Peut-être faut-il se poser les bonnes questions. 

 

Mais je me réveille, la gueule en bois, et tu n’es pas là.

J’ai de la fièvre, ce n’est pas le corona. 

C’est l’alcool. Le manque de toi. 

Je suis en transe, tremblante, j’expire (le souffle n’est plus là).
Et dans cette agonie, je m’écrie : 

 

Allez, allez, allez, viens, touche-moi, bébé.

(parce que tu es face à moi)

Ne vois-tu pas que je n'ai pas peur ?

Quelle était cette promesse que tu avais faite ? Pourquoi ne me dis-tu pas ce qu'elle disait ?

 

Quelle était cette promesse que tu avais faite ? 

 

Rappelle-toi.

doucement, je ferme les yeux, je m’endors et c’est comme si je mourais.
La promesse que tu avais faite hante mes cauchemars. 

« Je prendrai soin de ton cœur, ne t’en fais pas »

Je ne m’en fais pas puisque tu me l’as promis. 

Mais pourquoi le cœur est au sol, ouvert, et décomposé ?

 

 

Comme un médicament, moi, moi, moi, je suis rien sans toi. 

Et je sais que je perds du temps dans tes bras, dans la nuit. 

Mon cœur se serre, j’ai du feu dans la voix. 

Tu n’étais qu’une illusion mais la plus belle de toutes. 

Félicitations. 

Ce n’est pas donné à tout le monde de m’arnaquer de la sorte.

La malédiction des O, certainement, je m’étais promis de ne plus me faire berner.

Tant pis. 

Ma tombe est sous tes pieds. Sauras-tu la soulever ? 

Enfoncée dans mon cercueil, je ne peux plus bouger. 

 

Touche-moi bébé. 

Ne vois-tu pas que je ne suis pas effrayée ?

 

End Notes:

Les mots en italique sont tirés des chansons Touch me des Doors et Fever de Dua Lipa et Angèle. La référence à Diam's vient de sa chanson Poussière.

Merci encore à toutes les personnes qui m'ont lues <3

FIN DU PRELUDE. MAIS PAS FIN DE L’HISTOIRE. L’EPILOGUE ARRIVE APRES LE 31 JUILLET.

Cette histoire est archivée sur http://www.le-heron.com/fr/viewstory.php?sid=2179