Gideon Stryte et le pays maudit by Lowell Gideon
Summary: Gideon "Stryte" et ses amis ont décidé de passer quelques jours de vacances en Urvakane, petite contrée de l'état d'Illawyn connue comme un attrape-touriste. Toutefois, les vacances tant espérées des jeunes explorateurs se voient fortement compromises lorsque, par un concours de circonstances, ceux-ci se retrouvent dans un manoir abandonné servant d'antre à ceux qui hantent les cauchemars des Urvakans : les Trois Fléaux...
Categories: Fantasy Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle
Challenges:
Series: Aucun
Chapters: 10 Completed: Oui Word count: 11655 Read: 1290 Published: 11/09/2021 Updated: 11/09/2021
Chapitre 2 by Lowell Gideon
Plus tard dans la nuit, alors que tous les hôtes dormaient à poings fermés, le tavernier mis son sombre projet à exécution. Il fit alors appel à quelques-uns de ses employés.

-Les gars ! La prochaine offrande dort paisiblement dans la plus belle de nos chambres ! Vous connaissez la marche à suivre.

Les employés s'exécutèrent sans mot dire. Le plus discrètement possible, ils se rendirent dans la spacieuse chambre où dormaient les étrangers d'un sommeil inébranlable, au point qu'ils ne tressaillirent pas lorsque les sbires du tavernier se saisirent d'eux pour les emmener dans un immense garage où attendait un énorme fourgon à l'arrière duquel ils furent entassés. Ni les employés ni leur patron n'avaient jugé nécessaire de les ligoter, compte tenu de l'infaillible efficacité du somnifère naturel qu'étaient les fruits leur ayant été servis ! Deux employés s'installèrent ensuite à l'avant du véhicule dont le moteur s'éveilla dans un râle. Cette tâche ne semblait en rien enthousiasmer les deux larbins. A l'instar de Marie, ils se dispenseraient bien de se rendre complice d'un tel forfait mais la fragile sécurité de leur contrée en dépendait ainsi que leur propre survie...Le patron ne tolérait aucune trahison !

Le fourgon roula bien quelques kilomètres, s'éloignant considérablement des zones habitées et s'enfonçant progressivement dans le blizzard nocturne et sauvage qui finit par l'engloutir totalement, seulement entaché par la lueur des phares du véhicule. Au bout d'un moment, le fourgon entama l'ascension d'une montagne, point culminant de ces décors, au sommet de laquelle trônait un vieux manoir délabré dont la seule vue suffit à nouer les entrailles des employés de l'auberge. Mais les ordres étaient les ordres.

Les Trois Fléaux, terrés dans leur antre, virent un rayon de lumière en transpercer la fenêtre.

-Skhorns, dit Kummitus, peux-tu voir ce que c'est ?

Le squelette cornu jeta un nouveau coup d'œil dehors. Quand il vit la source de cette lumière inattendue, une manière de sourire se dessina sur sa mâchoire décharnée.

-Les gars ! Je sens qu'on va enfin pouvoir se régaler, à tout les sens du terme !

A mesure que le fourgon approchait, plein d'une bonne chair fraîche, les Trois Fléaux peinaient à contenir leur excitation.

-Miam ! Miam ! fit Gaffor dont la bouche de puit déversait des flots d'écume toxique. On va les titiller un peu pour les rendre plus savoureux !

La bouche de Kummitus s'étira en un sourire cruel.

-Branle-bas de combat, les gars ! Vu que ce sont nos premiers « invités » depuis quelques temps, ils ont bien droit à un petit traitement de faveur !

Avec force caquètements et rires infernaux, les trois démons se terrèrent dans leur repère pour y mijoter quelques fatales farces...

La camionnette s'arrêta à une distance respectable de la maison hantée. Les employés de l'auberge se dépêchèrent de décharger le fourgon. Les malheureux touristes furent donc jetés un par un sur le pas de la porte, alors que la neige continuait de tomber. Ceci fait, leurs ravisseurs filèrent sans demander leur reste, ne souhaitant pour rien au monde être confrontés aux Trois Fléaux.

Un à un, les amis ouvrirent les yeux, réveillés par le picotement du vent et des flocons de neige qui commençaient à les recouvrir. Leurs sens recouvrés, ils bondirent sur leurs pieds, pris d'une panique soudaine.

-Mais... ? Que...quoi...bafouilla Ozzie

-Que faisons-nous là au milieu de nulle part et par un temps pareil en plus ?! s'interloqua Yalla, affolée.

Stryte fouilla ses souvenirs non sans difficultés (l'effet des fruits ne s'étant pas totalement dissipé). Enfin, des fragments d'images lui revinrent : leur arrivée en Urvakane, cette jeune fille très timide, une auberge, un festin en leur honneur...Il en fit part à ses compagnons, ce qui galvanisa leurs mémoires.

-Je me rappelle autre chose, dit Kelly, ces mets délicieux et surtout ces fruits, si doux qu'ils plongeaient dans une sorte d'ivresse...

-JE LE SAVAIS !!! s'écria Malou !!! C'ETAIT UN PIEGE !!! CE GROS PLEIN DE SOUPE DE TAVERNIER NOUS A DROGUES POUR NOUS ENLEVER ET NOUS AMENER ICI !!!

Tous les regards se tournèrent vers la jeune féline.

-Mais enfin, Malou, la tempérera Dorian, pourquoi aurait-il fait ça ? Et pourquoi nous avoir amené spécifiquement devant cette vieille baraque ?

Tout le monde examina du regard le lugubre bâtiment s'élevant devant eux. Un vieux manoir fantôme, isolé de la communauté et devant lequel on se retrouvait sans explication en pleine nuit n'avait rien de très rassurant...

-Il n'y a qu'un moyen de le savoir. Qui est prêt pour un peu d'exploration urbaine ?

Les amis de Stryte se mirent à le fixer comme s'il était un fou évadé d'un asile.

-Tu...tu n'es pas sérieux, rassure-moi ?! fit Ozzie

Mais Stryte n'avait pas l'air de blaguer. Yalla intervint donc.

-Stryte, je suis d'accord avec Ozzie. Erdarane sait ce qui peut se trouver en une telle demeure. Et admettons qu'il s'agisse d'un piège, ce serait tomber droit dedans !

Le furet blond haussa les épaules.

-Que veux-tu, Yalla ! Je suis de nature curieuse. Mais si quelqu'un a une meilleure idée, je suis tout ouïe ! Sachant que le blizzard souffle, qu'il fait trop noir pour retourner au village et que, de toute façon, il nous faut comprendre dans quelle situation on s'est fourrés.

Ses amis restèrent silencieux, tout en continuant de le fixer. Stryte prit cela comme preuve de la pertinence de ses arguments. Après tout, qui ne dit mot consent !

-Bien ! Alors je suggère que nous entrions là-dedans et que nous tentions d'élucider ce mystère.

Il s'avança alors vers la porte qui tomba en avant, dégondée, lorsqu'il posa la main dessus. Stryte entra le premier, suivi de chacun de ses compagnons, à l'exception de Malou.

-Sans moi ! grogna-t-elle. Hors de question que je risque ma fourrure là-dedans !

Ozzie, qui fut l'avant dernier à entrer après une phase d'hésitation, se tourna alors vers elle :

-Tu sais, si tu choisis de rester seule dehors, c'est le froid qui t'auras ! Donc le résultat sera le même...

Malou réalisa alors que le temps s'était encore dégradé. Le vent lui écorchait les oreilles et la neige tombait en rafale, l'aveuglant presque et la faisant grelotter, malgré l'épaisseur raisonnable de sa fourrure. Il n'en fallut pas plus à la féline pour se décider à suivre ses compagnons à l'intérieur du vieux taudis. Si elle devait y passer, autant que ce soit en compagnie de ses amis. Et au chaud tant qu'à faire !
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