Le dernier corsaire by Vifdor
Summary: Participation à l'atelier #13 - Pirates

Ah ! Ah ! Ah! Là-bas ils se battent !
Ah ! Ah ! Ah! Nous, nous construisons !
Ah ! Ah ! Ah! Nous étions des pirates !
Ah ! Ah ! Ah! Et nous voici compagnons !

Categories: Projets/Activités HPF Characters: Aucun
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun
Challenges:
Series: #13 : Pirates
Chapters: 1 Completed: Oui Word count: 999 Read: 1795 Published: 01/03/2014 Updated: 01/03/2014
Story Notes:
Participation à l'atelier #13 - Pirates

Stranded




Crédit : Sailing the desert by Gate-to-Nowhere

Contrainte : y aura une chanson de pirates de votre invention dans votre texte.

1. Chapitre 1 by Vifdor

Chapitre 1 by Vifdor
Comme elle parait loin la guerre dans l’air suave de ce coin de Pacifique. Aux embruns parfumés que l’océan envoie se mêle celui de l’abandon. On est loin de la civilisation.
C’est un atoll perdu, du côté des îles sous le Vent. Des bandes étroites de terre sableuse s’appuyant aux récifs de corail, qui embrassent amoureusement une petite zone de lagon dont la couleur change du bleu ciel au bleu émeraude en fonction du soleil.
Quel bel endroit pour échouer.
Echouer, cela veut dire manquer à sa mission. Ou connaitre une telle avarie sur son navire qu’il se retrouve immobilisé. Ici c’est les deux. Le tsunami a jeté le gracieux bateau et son contenu sur le corail. Le Seeadler, trois mâts carré taillé dans l’acier des meilleures fonderies de Glasgow, git sur le côté maintenant, versé tel un vulgaire canot au bois ébranlé.
Dans le paysage de carte postale, sable doré et ciel d’azur, on ne voit pas son capitaine. On voit trace d’activité humaine pourtant, les naufragés se sont organisés. Là ils se sont construit des couchages à l’abri du vent. Là du poisson, qu’il suffit de cueillir dans le lagon, sèche, attendant d’être consommé.
Le vent porte le chant des marins qui travaillent sur la carcasse du grand trois mâts.

Ah ! Ah ! Ah! Là-bas ils se battent !
Ah ! Ah ! Ah! Nous, nous construisons !
Ah ! Ah ! Ah! Nous étions des pirates !
Ah ! Ah ! Ah! Et nous voici compagnons !


Sur le bateau renversé, ils travaillent ensemble les rescapés. Anglais et Allemands. Pourtant nous sommes en 1917et là-bas, dans la Somme, dans l’Aisne, sur ce front Ouest saignant qui divise l’Europe, d’autres Anglais, d’autres Allemands s’entretuent. On détache les grandes plaques de fer rivetées à la coque pour gréer un radeau de fortune sous les ordres du Capitaine.
Le voilà le Capitaine. Il a le teint brulé comme ses hommes dévorés de soleil mais son allure est différente. C’est lui le corsaire qui a pillé dix-sept navires alliés dans les eaux bouillonnantes de l’Atlantique Sud puis du Pacifique. C’est le Diable de mer comme l’ont appelé ces ennemis. Pour ses hommes, il est juste le capitaine, un homme à l’autorité si naturelle que même les plus revanchards Anglais suivent ses instructions sans rechigner.

Ah ! Ah ! Ah! Plus de grand bateau !
Ah ! Ah ! Ah! Mais nous construisons !
Ah ! Ah ! Ah! Pour défier les flots !
Ah ! Ah ! Ah! Un radeau de compagnons !


Toujours en activité, toujours à l’attaque, le Capitaine supervise la construction, le geste assuré. Irrésistible. Ce sera un petit radeau, frêle mais aux abords suffisamment robuste pour résister aux flots du Pacifique jusqu’aux Fidji. On adaptera dessus un moteur arraché aux entrailles du beau Seeadler.
Le travail se poursuit tout le jour. Un Anglais mécanicien règle le moteur tandis que de robustes matelots germains fixent les barres qui formeront la structure du radeau. Puis la lumière devient crépusculaire et le soleil part s’endormir de l’autre côté de la Terre, loin de l’océan amer. Les naufragés se réfugient à la lueur des feux de camps. De petits deux pour épargner les rares combustibles de l’île. Ici la vie n’est pas si dure finalement. Ce ne pas être pire que la tranchée. L’air doux, le sable trop fin pour être abrasif, l’eau de la source qui jaillit dans le coin le plus moussu de la langue de terre et le lagon qui donne la pitance comme un arbre donne ses fruits.

Ah ! Ah ! Ah! Que l’air est doux ici !
Ah ! Ah ! Ah! Le cap’taine veut une sortie !
Ah ! Ah ! Ah! Demain quelque-z-uns partiront !
Ah ! Ah ! Ah! Le cap’taine et ses compagnons !


Le lendemain, le vent est favorable et le radeau achevé. Il est assez grand pour six hommes. On le charge de poissons séchés et de réserves d’eau à rationner. Le capitaine grimpe le premier, le pied sûr. Le chemin sera long jusqu’aux Fidji mais attendre plus longtemps dans cette atmosphère trop douce lui pèse, la guerre de course doit continuer. Cinq des plus fiables le suivent.
Tout est prêt, on laisse le canot de fortune gagner la mer, goûter les flots bleus azur. Il faut se méfier du courant sortant du lagon, mais le capitaine tient la barre d’une main certaine. Le chant des naufragés les accompagne sur la route de l’horizon lointain.

Ah ! Ah ! Ah! Qu’ils revoient vite la terre !
Ah ! Ah ! Ah! Le dernier corsaire en mer !
Ah ! Ah ! Ah! Felix von Luckner est son nom !
Ah ! Ah ! Ah! Le pirate, chef des compagnons !







Le comte Felix von Luckner et ses cinq hommes sur leur canot de bric et de broc n’atteignirent pas les Fidji, mais furent récupérés par un navire américain après quatre semaines d’errance en mer.
Ils se firent enrôler sur le bateau mais rapidement découverts et incarcérés. Felix von Luckner réussit à s’échapper et pris la fuite sur une goélette volée. Rattrapés par les Anglais, il fut fait prisonnier de manière définitive et conduit en Australie où il resta captif jusqu’à la fin de la guerre.
Le « Sea Devil » reste célèbre aujourd’hui comme étant le dernier corsaire à avoir pratiqué la guerre de course.
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