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Notes :
Merci à The Night Circus pour sa merveilleuse idée de calendrier musical de l’Avent !
Un calendrier musical ? Késako ? Le principe est simple : prendre les 24 premières chansons de notre playlist en mode aléatoire ce qui donne 24 thèmes pour 24 chapitres (clairement plus facile à dire qu’à faire, enfin plutôt à écrire :P). J’ai donc eu la (très) mauvaise idée de lancer deezer et une fois ma jolie playlist révélée, je n’ai pas pu résister à l’appel !
Voici donc mon calendrier qui se situe quelque part entre le recueil d’OS et l’histoire suivie (oui, je sais comment encourager mes lecteurs :mrgreen:). N’hésitez pas à me donner votre avis ou à m’envoyer un message de détresse si le fil rouge vous semble obscur.
Très belle montée vers Noël à tous !
Notes d'auteur :

Maryland de Elephanz ici (paroles en italique)

Premier vol mais d'humeur fatale. Jonathan débute seulement son cycle du voyageur. La grande pomme l'attend pour un ultime entretien avant le job parfait. Le big boss l'a appelé la veille en lui susurrant des mots doux irrésistibles tels que "profil intéressant", "sélection finale" et "prime". Ni une, ni deux, il a réservé son billet. Au dernier moment. Sauf qu’il n’est pas Crésus. Comme il n'a aucune envie de manger des pâtes insipides jusqu'à la fin du mois, il a sélectionné une option très économique. Celle avec des arrêts complètement improbables : Montréal - Houston - New York. Clairement pas le trajet le plus rapide du siècle. Mais quand on aime, on ne compte pas les heures d'escale.

En soupirant, il s'engouffre dans l'avion en espérant que l'hôtesse à la coiffure sophistiquée lui indique son allée. Elle le snobe. C'est un classique. Comme si ce voyage interminable n'était pas déjà suffisamment pénible, il soupçonne un service minimum de la part de l'équipage. Quelle poisse. Il se console en pensant qu'au moins, il sera près du hublot. Pourvu que le siège à sa gauche ne soit pas occupé par un malotru. Ou pire, un bambin aux cris stridents. Il se souvient d'un vol cauchemardesque vers Abu Dhabi. Après avoir sauté sur les sièges, l’enfant en question avait commencé à escalader les dossiers. Cela n’avait évidemment pas suffi à engloutir toute son énergie et il avait ensuite couru tel un sprinteur dans l’allée centrale. Plusieurs fois. L’hôtesse avait finalement sévi et il avait dû retourner s’asseoir. Juste à côté de lui. Ses tympans se souviennent encore de ses terribles hurlements. Un traumatisme qu'il ne veut jamais revivre. En aucun cas. Nerveux, il guette les passagers qui défilent. Un adolescent au casque vissé sur les oreilles d'où sortent des basses à vous rendre sourd. Une dame d'un certain âge assez chic dans son tailleur beige plus approprié à la première classe. Un couple de routards aux pantalons colorés. Une jeune femme sous sa capuche d'où s'échappent quelques mèches blondes. Elle regarde les numéros, semble s'arrêter à son niveau. Furtivement, il croise son regard translucide. Hanté. Fuyant. Sans un mot, elle hisse un sac à dos dans le compartiment à bagages. Jackpot. Il a tiré le gros lot. Une jolie fille.

Alors qu'elle s’installe à ses côtés, son bras effleure le sien posé sur l'accoudoir. Il frissonne. Un délicat parfum fleuri l'envahit. Le voilà pris en flagrant délit de romantisme. Il ne manque plus que le ralenti et une musique dégoulinante de mièvrerie pour parfaire le tableau. Une vraie midinette. C'est plus fort que lui. Son imagination n'en fait qu'à sa tête. Tel un cheval fougueux, impossible de la canaliser. Sans cesse, elle s'enflamme en inventant des scénarios farfelus dès qu'il a le malheur d'apercevoir une femme qui lui plaît. Bien sûr, il a cet espoir secret de la rencontrer. Celle qu'il attend. Celle qu'il espère. Mais, à vrai dire, il ne s'en donne pas les moyens. Toute sa vie est consacrée à sa passion : la photographie. Il vit photo. II dort photo. Il rêve photo. Dans ce contexte, il n'y a pas de place pour elle. Sauf si le destin s’en mêle. Un jour... mais n'attendons pas l'automne. Peut-être devrait-il s'investir davantage dans cette quête. Fournir les efforts nécessaires pour atteindre son but.

Balayant l’idée avant qu’elle ne prenne racine, il cherche une distraction en allumant l'écran devant lui, faisant défiler les films. Rien d'exceptionnel dans la programmation proposée. Il a déjà vu le dernier Avengers. Et puis, il est difficile de véritablement profiter du septième art dans de telles conditions. Une image minuscule. Un son médiocre. Le steward attaque son numéro pour les consignes de sécurité toutefois, il n'y prête aucune attention. Après tout, la probabilité d'en avoir réellement besoin est minime. Et s’il engageait plutôt la conversation ? Rien à voir avec le plaisant minois de la passagère. Ce serait juste pour passer le temps. Une manière agréable de tromper l'ennui. C'est fou comme les heures passées en charmante compagnie s’écoulent plus rapidement.

Saisi d'une soudaine impulsion, il se retourne face à l'inconnue. Malheureusement, la demoiselle ne semble pas disposée à entrer en relation. Toujours camouflée par cet immense sweat, seul le bout de son nez dépasse. Inaccessible. Dans sa forteresse. Elle n'a absolument pas remarqué son élan. Il se dégonfle comme un ballon de baudruche. De toute façon, il ne sait pas draguer. Pour être tout à fait honnête, il n'essaye jamais. Sourire. Complimenter. Aborder. Séduire. Il laisse ça aux autres. Ces dons Juans qui envoûtent en un claquement de doigts. Lui, il se concentre sur ses projets. Il est un homme occupé. Passionné. Ça, c’est pour la version officielle. Mais en réalité, il est passif. Il n'ose pas. Sa peur de l'échec le paralyse. Ses craintes l'étouffent. L'idée même d'être rejeté lui donne des sueurs froides. Il n'est qu'un spectateur de sa propre vie. Faible. Timoré. Seul.

Une hôtesse passe maintenant vérifier que les ceintures soient bouclées et elle distribue des écouteurs. Alors que sa voisine tend la main pour en récupérer une paire, sa manche glisse, révélant un fin poignet tatoué. Le symbole de l'infini entremêlé du mot "love". De sombres boucles qui l’hypnotisent étrangement. Il est fasciné. Comme un appel. Un signe. Un mystère à percer. Un message subliminal qui lui est adressé. Et puis, c’est le déclic. Certes, il a des limites. Mais elles ne demandent qu’à être dépassées. Rien ne dit qu’il ne peut pas changer. Évoluer. Il doit essayer en tout cas. Prendre le risque. Créer des opportunités. S'ouvrir. Être prêt lorsqu'elle croisera sa route.

Pas de panique si ça décolle.

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