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Notes :
Ce concours est l'occasion pour moi de renouer avec un univers que j'avais laissé de côté depuis quelques temps, Gaeterra. C'est un univers fantastique assez analogue au nôtre (les Hommes y ont les mêmes défauts, certaines problématiques sont les mêmes).

Je remercie SamanthaBlack pour son idée de concours et tous ceux/celles qui s'arrêteront pour me laisser une review.
Marlin s’était installé dans la forêt de Tecma il y avait de cela quelques jours. Il s’était installé dans une chaumière tout près d’un hameau de techniciens adorateurs de la nature. Il lui avait fallu moins d’une heure pour retaper la vieille bâtisse poussiéreuse de leur doyen. Il fallait dire que Marlin était magicien.

Sa profession, il le savait, devait être gardée secrète dans cette partie de Gaeterra. En effet, à quelques kilomètres seulement du paisible hameau avait lieu un conflit armé qui opposait techniciens et magiciens. Le conflit d’une telle ampleur que le mot guerre était parfois employé et retentissait jusque dans les contrées les plus reculées de Gaeterra.

Marlin avait décidé de ne pas prendre parti. Il avait longuement voyagé avant d’arriver ici et il ne souhaitait pas continuer ses errances. Même s’il ne se passait pas une journée sans qu’il se promène, peu importe le temps qu’il faisait dehors. Le magicien était heureux de son habitat et il était enfin en paix avec lui-même. Il rendrait quelques petits services aux villageois pour assoir sa position et ce serait bien, la paix lui serait garantie à vie.

Ce matin-là, Marlin décida de partir sur la journée en excursion, sa besace sur l’épaule et son bâton à la main, il se mit à marcher sous l’ombre protectrice des grands chênes et marronniers de la forêt. Celle-ci était immense, il avait cette impression à chaque fois qu’il quittait sa chaumière. S’agrandissait-elle à mesure qu’il en explorait les recoins ? Sa propre magie faisait-elle pousser de nouveaux arbres ? Tout était possible. Les végétaux n’étaient pas la préoccupation de Marlin. Ils étaient libres de faire ce qu’ils voulaient, de pousser comme ils l’entendaient.

En milieu de matinée, le magicien atteignit enfin le bord de la forêt. Mais devant lui, au lieu de trouver une clairière comme on en trouvait fréquemment, se tenait un désert. Il y avait bien encore de la végétation çà et là mais plus le regard du magicien essayait de percer l’horizon, moins il en voyait.

-Ce doit être les portes du désert rouge, marmonna-t-il pour lui-même.

Ce qui signifiait que les Terres de feu, que TecMa n’était pas très loin. Marlin s’était promis de ne jamais y mettre les pieds. Il ne tenait pas à mourir dans l’explosion d’une bombe technicienne pour défendre les magiciens. Il ne leur devait rien de toute façon. Il n’y avait pas de solidarité entre eux. On naissait magicien comme technicien de deux parents de l’une ou l’autre des catégories et la seule chose qu’on leur devait était la vie. L’éducation, les magiciens se la faisaient en voyageant et les techniciens en travaillant.

Marlin fit quelques pas dans le sable rouge et s’arrêta pour boire à sa gourde. Il commençait à avoir faim aussi. Le soleil tapait fort sans feuillage pour protéger les êtres. Le magicien risquait peut-être l’insolation mais pas la mort. Le désert rouge n’était pas aussi chaud que ce à quoi il s’était attendu mais il était plus grand que ce qu’il avait imaginé.

Le magicien mangea sa collation à l’ombre maigrelette d’un arbrisseau avant de poursuivre sa route. Il admira la trace de ses pas dans le sable, des trous béants dans le sol immaculé. Le vent effacerait les traces de son passage avant qu’il ne fasse demi-tour.

Il se releva en prenant appui sur son bâton et poursuivit son chemin. Il se sentait transpirer sous son chapeau et remercia la bonne idée qu’il avait eue de le prendre de son porte-manteau avant de partir ce matin-là.

Quelque chose qui lui parut comme une heure plus tard, il aperçut d’étranges reliefs arrondis au milieu du désert. De là où il se tenait, on ne voyait ni porte ni fenêtre et Marlin crut pendant quelques secondes qu’il s’agissait de collines mais il se dégageait une drôle d’atmosphère de cet endroit. Le magicien s’y sentait attiré comme s’il avait vu l’éclat de l’or au fond d’une rivière.

Il s’approcha. Il n’y avait pas d’or mais de l’argent. Des flaques d’argent au milieu des dômes rouges. Les flaques séchaient au soleil. Dans plusieurs d’entre elles, il ne restait que des paillettes. Il était assez invraisemblable de trouver du minerai dans le désert rouge.

Mais on y trouvait autre chose. Marlin avait entendu parler de créatures merveilleuses qui l’habitaient. Les djinns. Il ne connaissait pas grand-chose sur eux, sinon que c’étaient des créatures très recherchées car capables d’exaucer tous les vœux. Le sud, le nord, l’est et l’ouest de Gaeterra, tous étaient des acheteurs, vendeurs et braconniers de djinns.

Présentement, dans ce désert rouge, au milieu des traces d’argent qui s’effaçaient, Marlin se disait que les djinns avaient disparu. Il avait la quasi-certitude que l’argent qu’il voyait était du sang de djinn. Le groupe avait été braconné. Ils avaient pris jusqu’au dernier djinn. Parfois, Gaeterra écœurait Marlin. Les habitants pouvaient se montrer si égoïstes parfois… Depuis le temps que les djinns étaient recherchés, personne n’avait eu la décence de souhaiter leur liberté, celle qui leur était due.

Des pleurs sortirent Marlin de ses pensées. Des pleurs d’enfant. Etait-ce le vent qui hurlait dans les rochers ? Etait-il victime d’une hallucination due au soleil qui tapait trop fort dans ce désert ? Il s’épongea le front avec son mouchoir, se tourna et se retourna en espérant éclaircir son esprit. Il y avait toujours des pleurs. Il entendit renifler.

Il avança aussi silencieusement qu’il put. La dureté de la terre à cet endroit du désert le surprit et le bruit de ses premiers pas fit s’interrompre les pleurs. Marlin resta immobile plusieurs instants. Si djinn il restait, il se cacherait en présence d’un inconnu. Il refit un pas puis deux.

Un mince, très mince filet argenté coula bientôt à ses pieds. Le djinn n’était pas loin. Marlin décida de s’arrêter. Il était inutile d’aller plus loin s’il ne comptait pas effrayer la créature. Et puis, il commençait à fatiguer et il lui fallait rentrer chez lui.

S’appliquant cette fois à ce que le djinn l’entende, il fit demi-tour et retourna dans sa chaumière.
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