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Notes d'auteur :
Nuit du 31 octobre 2020, thème d’une heure sur l’image d’une route, qui tourne dans la forêt
Les chaussures étaient lourdes. Une boue collante adhérait aux semelles. Cendron cherchait les parties les plus hautes et les moins détrempés pour poser ses pieds. Mais la route n’était plus que flaque et gadoue.
Dans le crépuscule, les longs troncs qui cernaient le chemin paraissaient bleus. Autour de lui, tout semblait inconnu et étrange. La nuit avait effacé et déformé les repères connus. Un clapotement suivi de craquements brisèrent le silence.
Ce n’était pas les premiers. Le cœur battant, Cendron écoutait. Mais il n’y avait plus que le bruit des gouttes de plus sur les feuilles. Le regard du jeune garçon balaya la route qui se transformait peu à peu en rivière et les sous-bois qui n’étaient plus que marais.
Pourquoi la pluie ne tintait-elle pas sur ces surfaces liquides ?
Cendron frissonna et resserra sur lui son ciré en caoutchouc vert. Ce n’est pas la matière froide qui allait le réchauffer mais il fit comme si, et cela suffit à calmer un instant les tremblements. Il reprit sa difficile et périlleuse marche.
Alors que ses pieds pataugeaient dans les flaques et la boue, il s’étonna encore du silence de ses pas dans la nuit. Le bruissement des feuilles sous la pluie occupait toute la forêt. Le bruissement des feuilles sous la pluie et le craquement suivi ou précédé de clapotement qui montait des sous-bois.
Cendron fouillait les pieds des arbres. Le crépuscule n’avait pas encore obscurci les lieux. Et les formes bleu pétrole sur fond indigo étaient encore bien visibles. Il n’y avait personne dans la forêt. Il était seul. Et pourtant, même sans les branches qui craquent, il sentait une présence.
Calmement, il continuait à avancer, posant prudemment ses pieds et les retirant de la gadoue encore plus précautionneusement. Ce n’était pas le moment de tomber. Cela ne lui ferait pas gagner de temps. Et pire, cela ne le ferait que paniquer davantage.
Un grognement doux s’éleva. Cendron se dit que c’était le vent. Il continua d’avancer. Le grognement ne semblait pas agressif. Si les animaux parlaient, le garçon se serait dit que c’était un vieil animal qui se donnait du courage. Un mouvement attira son attention, il se tourna.
Deux pupille dorée brillaient entre deux arbres. Elles semblaient flotter au dessus du sol tant la silhouette se mariait avec les arbres et les quelques fougères qui se trouvaient là. Pourtant la silhouette était haute, très haute… et terriblement mince, maigreur accentuée par l’absence de bras.
Un arbre, se réprimanda Cendron, un arbre avec quelques papiers gras jetés par quelques promeneurs indélicats. Il tourna le dos à l’apparition mensongère et reprit son chemin sans plus prêter attention aux grondements et aux gouttes d’eau qui s’étaient tus, là-haut, sur les feuillages.
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