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Notes d'auteur :
Thèmes de 23 heures de la nuit du 8 août 2020, sur le mot les galets
Les galets blancs marquaient les limites d’un chemin de sable écru admirablement assorti au vert tendre du gazon. Tout était parfaitement bien entretenu, aucune herbe ne poussait dans le sable du chemin et aucune tige ne dépassait de la pelouse soigneusement rasée. C’était là, le seul signe de présence humaine, car le petit sentier, qui reliait le portail et la porte d’entrée, semblait ne pas servir. Cunégonde regardait cet ensemble si mignon et si mort avec une certaine appréhension. Elle n’était plus venue dans la maison familiale depuis les vacances de ces quinze ans et retrouver sa terrible et rigide grand-mère ne l’emplissait pas de la joie qu’elle aurait dû ressentir. Elle se baissa et saisit la poignée de sa valise puis reprit son chemin le long de la façade de la maison. Elle arriva enfin au coin de celle-ci. Là, un autre chemin de terre, cabossé et livré aux herbes folles longeait le côté de la clôture. Elle s’y engagea sans hésiter, tirant avec difficulté la valise dont les roulettes se chargeaient de toute la végétation qui voulait bien les suivre. Cunégonde arriva enfin devant une porte au grillage éventrée, elle se glissa dans le trou, sans s’embarrasser d’ouvrir la porte. Elle ne savait même pas si celle-ci s’ouvrait. Elle déboucha sur un bosquet du jardin, un coin sauvage où des pieds avaient creusé, pendant des années, un autre chemin qui menait lui aussi à la maison, mais délaissait la porte principale pour celle plus intime de la cuisine. Celle-ci était entrouverte et laissait échapper des volutes épaisses de fumées blanches.
« Carlita ! Appela la jeune fille, je suis là. »
Un grand éclat de rire répondit à son appel et une grande femme aux formes rondes et généreuses apparues.
« Je le sais ma belle, les cartes m’avaient prévenu. Entre, je t’ai fait du poulet aux olives avec des vol-au-vent, c’est toujours ton plat préféré d’après ma boule de cristal.
La tension des derniers jours, la crainte de la réception que lui destinait sa grand-mère s’effacèrent. Les larmes aux yeux, elle enlaça la vieille bonne. Elle était de retour chez elle.
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