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Notes :

Participation à l'épreuve n°6 (immunité) de Koh-Lanta HPFien

Thème : l'histoire ne doit pas se dérouler sur la terre (ferme).

Contraintes :

- Mettre un nom de sport d’au moins 6 lettres sous forme d’acrostiche dans un paragraphe : ESCRIME.

- Sentimentalisme (3) : insérer au moins quatre sentiments différents.

- Sensibilité (3) : insérer au moins trois verbes de chaque sens.

- Rendre le texte avant jeudi 27 mai, 23h.

- Placer un mot du métier/passion design, éviter les autres.

- Le texte doit comporter entre 500 et 2 000 mots. (Le debrief des contraintes se trouve dans les notes de fin.)

Notes d'auteur :

Bonjour,

Je vous présente ma participation à la sixième épreuve (troisième tour) du concours Koh-Lanta HPFien, organisé par les merveilleuses Catie Brogniart et Omi Brogniart.

Pour celle-ci, un certain nombre de contraintes nous sont imposées. Ici, il s'agissait d'écrire un texte se déroulant sur la terre (ferme). J'ai choisi d'écrire sur un univers sur lequel j'écris depuis longtemps, mais encore jamais publié, à part quelques extraits lors des Nuits d'HPF. Il n'est donc pas nécessaire de connaître cet univers pour comprendre le texte.

Afin de contextualiser, pour celleux que cela intéresse, le personnage principal, Cécilia, est en vacances à Nice avec ses amies, contre l'avis de son père. Elle lui a caché ce départ et a découvert fortuitement qu'elle était une sirène, sans comprendre vraiment ce qui lui arrivait. Ce passage raconte la seconde fois qu'elle plonge dans la mer Méditerranée, cette fois préparée mentalement, mais toujours dans le plus grand secret.

Le débrief des autres contraintes se trouve en note de fin.

Un grand merci à la #TeamJaune, en particulier MadameGuipure pour sa relecture !

Je vous souhaite une bonne lecture !

Les vagues léchaient sa peau frissonnante. L’eau tentatrice atteignit sa taille et lui procura un exquis sentiment de sérénité. L’iode parfumait l’air, qu’elle respira à pleins poumons. Après tout ce temps, elle savait enfin où se trouvait sa place. Sous la lumière bienveillante de la lune, elle lança un dernier regard inquiet derrière elle. Rassurée par les volets fermés et l’absence de lumière dans la maison de vacances, Cécilia plongea dans les eaux noires de la Méditerranée.

 

 

 

Toute la journée, elle avait anticipé cet instant fatidique, résistant tant bien que mal à l’appel de la mer. Jusqu’au dernier moment, elle avait hésité, partagée entre la terreur ressentie la veille, lors de sa première transformation inattendue et incontrôlée, et le besoin qu’elle avait de comprendre ce qui lui était arrivé. Elle avait alors décidé de se jeter à l’eau, littéralement, mais sans témoin. Personne ne devait savoir, ni ses amies, ni sa famille. 

 

 

 

Et cette fois, elle fut attentive aux détails de sa transformation. Ses jambes se refermèrent et se recouvrirent d’écailles de couleur bronze, bleu roi et pourpre. Ces couleurs lui furent parfaitement visibles, malgré les ténèbres marines, que les lueurs de la lune peinaient à percer. Elle admira avec ravissement leur chatoiement alors qu’elle battait paresseusement sa longue queue terminée d’une immense nageoire caudale pourpre. Elle osait à peine effleurer ces écailles souples et rugueuses à la fois de ses doigts nouvellement palmés. Une fine membrane blanchâtre les reliait à présent.

 

 

 

Les cicatrices qui lui barraient le cou depuis toujours — deux simples fentes de chaque côté — s’ouvrirent pour laisser passer l’eau de mer à l’intérieur de son corps. Avec une excitation mêlée de méfiance, elle entrouvrit la bouche. Contre toute attente, la sensation ne fut pas désagréable. Cela lui sembla au contraire naturel de laisser le liquide s’infiltrer par toutes les voies sans maux de tête, ni étouffement. Le sel, qu’elle dégustait, était surprenamment à peine perceptible. Son odorat, lui, sembla beaucoup moins développé qu’à la surface, la perturbant un peu. 

 

 

 

Deux petits poissons verdâtres vinrent à sa rencontre, en restant toutefois à une distance respectable, à la fois craintifs et curieux. Grâce à sa nouvelle vision, elle distinguait sans peine la moindre de leurs écailles et les mouvements de leurs yeux dans la semi-pénombre. Cécilia tendit la main dans l’espoir de les attirer vers elle, de les toucher. Mais ils s’enfuirent à toute vitesse, sans demander leur reste. Cela la fit rire, et elle fut surprise de constater que ses cordes vocales fonctionnaient parfaitement dans l’eau salée. Elle tenta d’émettre des sons, des A, des O timides, semblables à ceux qu’elle poussait pour vérifier le bon fonctionnement de ses appareils auditifs. Elle les captait avec une clarté exceptionnelle.

 

 

 

Et ce fut précisément ce point qui acheva de la rassurer. Son audition était parfaite, incomparable à ce qu’elle avait pu vivre sur la terre ferme, même avec des prothèses auditives. Chaque son vibrait avec intensité dans son oreille sans qu’elle n’ait aucun effort à faire pour entendre. Ravie par ces nouvelles sensations, la jeune fille décida de se concentrer avec intensité afin de voir jusqu’où elle pouvait écouter, lorsqu’elle ressentit une vibration différente des autres, qu’elle ne sut pas interpréter. Impulsive, Cécilia suivit l’origine de cette sensation, se torpillant à une telle vitesse qu’elle dépassa les poissons fuyards en quelques secondes. Mais elle ne s’en aperçut pas, trop concentrée sur sa destination, appréciant simplement l’eau salée qui lui caressait le corps. Envolée l’asthme, envolée la surdité, toutes ces nouvelles sensations lui donnèrent le tournis, à mi-chemin entre la stupeur et l’euphorie. 

 

 

 

La vibration s’éteignit aussi vite qu’elle était apparue. Cécilia craignit un instant s’être perdue mais elle se rendit compte avec stupéfaction qu’elle savait exactement où se rendre pour rentrer à la maison de vacances. Pourtant, dans son GPS interne, ainsi qu’elle le visualisait, il semblait qu’une autre adresse était entrée. Un sentiment aussi impérieux que celui qui l’avait menée à la mer la tiraillait vers l’est. C’était là-bas qu’elle devait se rendre.

 

 

 

Indécise, elle stationna quelques instants au bord d’un gouffre sous-marin qui s’étendait sur des kilomètres, à perte de vue. Le sel semblait plus intense ici, mais la sensation n’était pas désagréable sur ses papilles. Au contraire, elle le savourait, s’en repaissait avec étonnement. Deux jours auparavant, elle était persuadée qu’elle n’avait jamais vu, senti, ou goûté la mer. À présent, elle n’en était plus si certaine.  

 

 

 

Qui était-elle vraiment ? Était-ce pour cette raison que son père avait toujours refusé qu’elle aille à la rencontre des étendues salées ? Était-il réellement son père ? Cette pensée la glaça, coupa son enthousiasme pour de bon. Elle observa à nouveau son corps, sa silhouette plus épaisse et plus élancée à la fois, sa longue queue de poisson aux couleurs merveilleuses et ses mains palmées. 

 

 

 

Cécilia eut l’intime conviction que le tiraillement insistant lui indiquait qu’elle avait encore des découvertes à faire sur son identité. Peut-être le menait-il vers ses semblables ? À cette idée, elle n’hésita plus un seul instant et plongea dans le gouffre. 

Note de fin de chapitre:

J'espère que ce texte vous a plu. N'hésitez pas à me faire part de votre ressenti :)  Et n'oubliez pas d'aller lire les autres participations ♥ 

 

Contraintes :

- Texte ne se déroulant pas sur terre : OK

- Acrostiche : ESCRIME (5e paragraphe)

- Sentimentalisme (3) : insérer au moins quatre sentiments différents.

Sérénité

Hésitation

Rassurement

Terreur

Excitation

Méfiance

Surprise

- Sensibilité (3) : insérer au moins 3 verbes de chaque sens

Ouïe : capter, entendre, écouter

Vue : admirer, distinguer, voir, observer

Goût : savourer, se repaître, goûter, déguster

Toucher : toucher, caresser, lécher, effleurer

Odorat : parfumer, respirer, sentir

- Rendre le texte avant jeudi 27 mai, 23h : OK

- Placer un mot du métier/passion design, éviter les autres : conception, créativité, dessin, détail, futuriste, réflexion, beauté, design, esthétique. (Pour de vrai cette fois haha)

Le texte doit comporter entre 500 et 2 000 mots : 898 mots.

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