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Notes d'auteur :

3e thème = doute

— Est-ce que tu as déjà douté ? De toi et moi ? De notre amour ?
— Jamais. Et toi ?

La réponse ne vient pas. Violette cherche Olivia du regard mais la réponse ne vient pas.

— Je sens que je ne vais pas aimer la réponse, n’est-ce pas ?
— Sûrement.

Violette se jette sur ses clopes qu’elle a laissées dans la poche extérieure de son vieux jean bleu, abandonné quelque part sur le sol — elles viennent de baiser — et elle se pose à la fenêtre pour fumer. Comme à chaque fois que la conversation devient sérieuse.

— Raconte, alors.

Olivia n’aime pas raconter. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai : elle adore raconter des histoires, de toutes sortes. Sur le voisin, Martin, qui a plusieurs rencards dans la même journée, sur ses idoles préférées, sur les mondes qu’elle invente dans sa tête et dans lesquels elle aime se réfugier. Mais quand il s’agit de se raconter, elle, c’est une autre affaire.

— Y’a rien à raconter. J’ai déjà douté, c’est tout.
— De quoi exactement ? De moi ? De toi ? De notre amour ?
— De tout, d’accord ? Ça te va comme réponse ?
— Non.

C’était le début de la fin, peut-être.
Violette ferme les yeux et se force à inspirer. Ne pas la brusquer, la ménager. Mais putain, elle veut aller au charbon, c’est une excitée, Violette. Il lui faut sa dose de tranquillisants pour la calmer.

— Et toi, comment peux-tu n’avoir jamais douté ? Arrête. Ne me fais pas passer pour celle qui déjante. Il y a mille raisons, si ce n’est plus, de douter.
— J’ai toujours su que je t’aimais. Il n’y avait aucune hésitation, aucun soupçon possible.
— Et bien, je n’ai jamais compris comment tu pouvais m’aimer autant alors que moi-même, je me détestais.

Lorsqu’elle se confie, Olivia fixe le sol. C’est une habitude qu’elle a prise, qu’elle a peut-être toujours eue, dès l’enfance. Violette s’est retournée pour lui faire face. L’on entend plus que la fumée qu’elle recrache à chaque expiration.

— Putain, c’est ça ton problème. Tu ne te rends pas compte à quel point tu es magnifique. Tu ne t’en rends vraiment pas compte.
— Quand tu me dis ça, j’ai l’impression que c’est par politesse, que c’est parce que…
— Jamais.

Le « Jamais » coupe le souffle et l’élan d’Olivia tellement il est affirmatif. Elle ose enfin lever les yeux, mais c’est un effort surhumain pour elle, elle voudrait se cacher sous sa couette et pleurer et y rester jusqu’au lendemain ou la fin de l’hiver (peut-être la fin des temps).
Mais Violette reprend. Elle ne la laisse pas faire. Elle la connaît par cœur.

— Je n’ai jamais rien dit que je ne pensais pas. Et j’ai continué à le dire — non, le proclamer — jour après jour, je continuerai même à le faire, encore et encore, parce que c’est vrai. Pour que tu cesses de douter. Parce que je suis tienne et ce, jusqu’à la fin des temps.
(la fameuse)
Il n’était pas dit que la fin des temps arriverait si tôt.
Peu importait. Ce soir, Olivia et Violette s’aimaient. Les doutes avaient été mis de côté. Pour un instant. Mais c’était déjà suffisant.

Note de fin de chapitre:

Cette fois ce n'est plus la première personne et on a un "vrai" aperçu d'Olivia. Qu'en avez-vous pensé ?
Rendez-vous demain pour un nouveau thème et une nouvelle complainte de Violette.

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