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Notes d'auteur :

Hello,

Et non, je n'étais pas en train de bouder dans mon coin. J'écris tous les jours, et j'en suis fière ! Mais j'écris des choses que je vais attendre un peu avant de publier, notamment deux fics dans l'univers MCU (marvel cinematic universe). Je n'ai pas oublié mes originaux, ni mes fanfics HP en cours (y en a tellement, ça me désespère, mais petit à petit, l'oiseau fait son nid, donc y a pa de raison que je n'avance pas à pas de fourmi !).

Voici donc le 8ème texte du recueil sur Les Premières Fois de Zélie, et purée que je l'aime, ce personnage ! J'ai vraiment envie d'en faire une nana super positive qui dévore la vie. Je ne suis pas sûre de parvenir de faire d'elle le quart de ce que je voudrai qu'elle soit.

Merci à Dedellia pour tes commentaires !

Alors, c'est parti.

 

 

Nous sommes en été 2004 : à la suite du chapitre précédent (Zélie a 18 ans). Ceci est la première fois où Zélie boit de l'alcool.

Indication : Essayez de trouver des enjeux. Pourquoi votre personnage doit-il faire ça ? Quel âge a-t-il ? Pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ? Ou pourquoi l’avoir fait aussi tôt, au contraire ? Quelles étaient les conditions réunies pour sauter le pas ?

Contraintes obligatoires
- Prenez le temps d’exprimer en quoi cette première fois change quelque chose à l’intérieur de votre perso.

Contraintes facultatives
- Surprise ! Quelque chose ne s'est pas passé comme prévu : arrivée de Quentin
- La couleur de votre choix doit prendre une place importante tout le long du texte : jaune
Et comme les contraintes de la BAF ne me suffisaient pas (héhé, j'adore en avoir trouzemille en même temps), voici :

Atelier Fleur, la fabrique à plumes du 26/08/21, thème de 21h

BELIER : Associé au signe du FEU.

Le bélier est fonceur, impulsif et énergique. Demandeur d'attention, c'est un leader par nature.

Hyperactif, c'est un signe d'action, d'enthousiasme, de projection vers le futur, d'autorité et d'audace. Ce signe a toujours envie d'aller de l'avant, c'est le signe des chefs, des pionniers.

Prompt : Votre personnage est leader, chef de quelque chose ou de quelqu'un. Il réagit de façon impulsive et finit par le regretter (j'ai un peu mis de cela pour Zélie et Quentin, sur la fin du texte).

Je vous souhaite une bonne lecture !

Juste après la fin du printemps, et après le bac qu’elle a obtenu avec justesse, Zélie a son anniversaire. Ses dix-huit ans. Et une année sabbatique devant elle pour apprendre tant et tant. Elle s’imagine cette année comme un tremplin, pour la faire rebondir vers ce qu’elle désire, ou la faire retomber dans ce qui lui est familier.


Ses parents l’ont fichue dehors, avec Manu, le temps qu’ils préparent la surprise, qu’ils parent la maison de guirlandes et de fanions, le temps que sa mère pâtisse et que son père fasse les courses. Le temps qu’Isi aille acheter ses cadeaux parce qu’il le fait toujours à la dernière minute sinon c’est pas drôle. Les deux filles sont parties au parc,  étalées dans l’herbe, à fumer des clopes et refaire le monde, au téléphone avec Atima. Zélie ne dit pas à ses parents qu’elle fume avec Manu, ils lui en feraient toute une histoire parce que les médecins le déconseillent suite à sa greffe. Mais Zélie, même si elle a obtenu ce qu’elle attendait de ses parents, son année sabbatique, se sent un peu enfermée. Elle reste leur enfant fragile, qui a vécu dans le noir pendant une dizaine d’années et vient juste de recouvrer la vue. Leur enfant à protéger. Et cela l’étouffe. Plus ils prennent soin d’elle, plus elle appelle à la liberté. Plus ils s’inquiètent, plus elle s’éloigne.


Zélie plisse les yeux en regardant les gosses jouer au ballon dans le bas de ce même parc qui a vu une de ses dernières grosses gamelles, avant qu’elle n’aille voir le pédiatre. Puis l’ophtalmo, et que son monde s’assombrisse.


« Manu, j’ai envie de partir. »


Prononcée d’une voix traînante, Zélie regarde Manu, interloquée, quand celle-ci se met debout rapidement et lui tend la main.


« Tu veux aller où ? En forêt ? On a deux bonnes heures encore, on fera ce que tu veux. C’est ta journée. »


Zélie éclate de rire en secouant la tête.


« Non. J’ai envie de partir de Bourges, mais je ne sais pas où. Et même pourquoi pas, quitter la France. Aller en Angleterre, ou en Irlande, être fille au pair, pourquoi pas... »


Manu, circonspecte jusqu’à la pointe verte de ses cheveux, regarde son amie, sa blondeur, le rose de ses joues, le jaune éclatant de sa robe sur sa peau laiteuse. Zélie est la fille modèle incarnée. Alors que Manu, brune, cultive son côté punk et se destine à une carrière d’ingé.


« Alors, fais-le, Zélie, si c’est ce que tu veux. Et tu t’en fous de ce qu’en pense ta famille. Ils t’aiment, ils accepteront de te laisser partir, même si Lucie va pleurer toutes les larmes de son corps. »


Zélie a un sourire incertain et rêveur qui reste sur ses lèvres. La sonnerie de son téléphone la rappelle à l’ordre, et elle fronce les sourcils quand elle voit que c’est Quentin qui l’appelle. Adressant un regard gêné à Manu, Zélie se lève, décroche son téléphone d’un allo hésitant, et s’éloigne.


« Joyeux anniversaire Zélie. »


La jeune fille a soudain envie de lui demander pourquoi il l’appelle au bout de deux ans pour lui souhaiter son anniversaire, mais elle n’arrive pas à l’exprimer, alors elle se tait, et entend la respiration de Quentin au bout du fil.


« Je suis désolé, Zélie. J’ai été un con. »


« Je ne te le fais pas dire... »


Elle met de suite sa main sur sa bouche. Elle n’a aucune envie de reprocher quoi que ce soit à Quentin. Il a fait son choix, certes discutable, mais Zélie ne veut pas lui tenir rigueur d’avoir pris peur à l’idée d’être en couple avec une fille aveugle.


« Comment vas-tu ? »


Zélie lance un regard à la mine renfrognée de Manu qui se laisse tomber sur les fesses avant de se rouler une clope, et s’éloigne encore d’elle. La conversation avec Quentin se poursuit tranquillement, deux ans de nouvelles et pas grand-chose à se dire. Et cela sort de la bouche de Zélie sans qu’elle ait pu s’en empêcher. Quelque chose comme un espoir vague.


« Tu sais, tu peux venir ce soir, si tu veux ? On fait un petit truc à la maison pour mon anniversaire. »


Zélie lance alors un regard alarmé à Manu, se demandant dans quelle mouise elle est en train de se mettre.


« Mais Isi ? »


« Je lui parlerai. Viens, Quentin. »


Elle lui arrache la promesse de passer, et raccroche en se disant qu’elle est en train de faire une énorme connerie.


« Je crois que j’ai invité Quentin à mon anniversaire. Il vient à 20h. »


Manu acquiesce d’un air indéchiffrable.


« Je crois aussi. Tu veux en parler ? »


Zélie secoue la tête, le coeur battant fort dans sa poitrine.


« Parce que je pense que tu fais une connerie. »


Zélie acquiesce, le regard fuyant, et range son téléphone dans son sac.


« Rentrons. »


 


L’ambiance est pesante à la maison, à mesure que les minutes passent et que vingt heures se rapprochent dangereusement. Isidore n’a rien dit, mais à sa mine, et à celle de Manu, Zélie sait qu’ils sont du même avis. Alors, un peu mal à l’aise, Zélie est devant sa quatrième bière quand la sonnerie retentit et qu’elle va ouvrir à Quentin.


Il est comme dans son souvenir. Grand et les épaules larges sur lesquelles elle adorait faire courir ses doigts, la mèche un peu trop longue et le sourire en coin.


« Salut. »


« Salut. »


L’accueil est frisquet, Zélie ne sait pas comment faire mieux. Quentin lui tend alors un bouquet de tulipes jaunes. C’est la première fois qu’on lui offre des fleurs, et que cela vienne de lui la touche mais la gêne à la fois, elle ne sait pas pourquoi. Alors, les tulipes dans la main, Zélie vient embrasser la joue de Quentin. Il a la peau douce et sent l’après-rasage, comme dans ses souvenirs. Mais c’est les yeux fermés qu’elle s’en rappelle le mieux. Quand elle s’éloigne de Quentin, elle a la tête qui tourne, et se dit que les trois bières y sont pour quelque chose.


De retour à l’intérieur de la maison qui est remplie de jeunes gens, leurs parents étant partis chez des amis, Zélie supplie du regard Isidore de bien se comporter, comme elle l’a supplié avant, pour elle ne sait quelle raison, de ne pas en vouloir à Quentin. Maintenant que ses yeux sont réparés, peut-être que sa relation avec Quentin peut l’être aussi ?


L’accueil est frisquet, et Zélie en profite pour fuir dans la cuisine à la recherche d’un vase.


Qu’est-ce que j’ai fait ? Pourquoi je l’ai invité ? Qu’est-ce qu’il veut ?


De retour dans la salle à manger, sa main attrape par automatisme sa bière qu’elle sirote un peu trop vite, et son regard s’aimante à celui de Quentin. Elle se souvient du Quentin d’avant qu’elle ne perde la vue, grand gamin de dix ans aux genoux cagneux et tout dégingandé. Elle se souvient de Quentin quand il était l’ami d’Isi, et quand il était son petit ami. L’odeur musquée de sa peau, le vetiver de son après-rasage, son rire chaleureux et sa voix douce. Et Quentin maintenant, elle le reconnaît sans le reconnaître, il est comme un souvenir lointain dont elle s’est un peu détaché.


Pourquoi je l’ai invité ?


Zélie siffle le reste de sa bouteille de bière, et, la tête lui tournant un peu, va grignoter des chips, alors que Quentin la suit et que les conversations se taisent. Isidore et Manu ont promis de faire des efforts, mais cela ne les empêche pas de ne pas adresser la parole à Quentin, et de le fusiller du regard, la mine longue. Quentin s’assoit à côté de Zélie qui se pelotonne contre l’accoudoir.


« Tu m’as manquée. »


Les yeux pétillent, le sourire est charmant. Zélie se verse un verre de punch, incapable de lui répondre que lui aussi lui a manqué, au début. Et qu’elle a failli un peu sombrer, quand même. Quand il l’a larguée par message.


Tu es une fille géniale, mais je ne peux pas être en couple avec toi. Je ne me vois pas m’occuper d’une femme aveugle toute ma vie. Alors, c’est fini, Zélie.


C’était il y a deux ans, et deux opérations plus tard, elle voit de nouveau, mais plus personne n’a parlé à Quentin depuis. Même pas Isi dont c’était le meilleur pote. Même pas Manu qui est sa voisine. Même pas les parents d’Isi et de Zélie qui étaient amis avec les Monard, les parents de Quentin. En trente-quatre secondes de message sur le répondeur de Zélie, Quentin a fait voler en éclat plusieurs amitiés. Et cela fait deux ans que cela dure. Ils s’évitent tous, ils ne se parlent pas, et c’est comme ça.


Zélie fait tourner son verre de punch jaune entre ses doigts avant de tremper ses lèvres dedans. Elle est franchement pompette. Et c’est sans doute pour cela qu’elle parle si aisément à Quentin, d’une voix toute douce, n’ayant pas envie de le blesser.


« Tu m’as manqué, au début. Puis je me suis habituée. J’ai fait avec, ou plutôt, j’ai fait sans toi, Quentin. »


Le regard de Quentin devient plus distant, et Zélie s’étonne de remarquer toutes ces petites choses alors qu’elle a tant de mal à prononcer les mots qui sortent de sa bouche. La main de Quentin vient se poser sur son genou, légère et incertaine. Zélie regarde cette main incongrue, dont le teint jure avec sa robe jaune tournesol, puis elle se tourne vers Quentin.


« Le problème, c’est que tu as perdu ma confiance. C’est la première fois que la confiance que j’ai placé en quelqu’un n’existe plus. »


« Laisse-moi la regagner. »


Zélie a un sourire triste. Quentin n’est que murmures, et plus personne ne cause dans le salon, suspendus qu’ils sont aux lèvres de Zélie et Quentin.


« Cela ne marche pas comme ça. Elle n’existe plus. Rentre chez toi, merci pour les tulipes, je crois que je voulais juste vérifier quelque chose. C’est fait. Je n’ai pas besoin de toi. »


La main de Quentin se crispe sur le genou de Zélie, froissant entre ses doigts sa robe. Celle de la jeune fille vient la saisir.


« Mais je ne t’en veux pas. »


Le sourire de Zélie, un peu vague et aviné, se grave dans l’esprit de Quentin. Il repart sous les yeux lourds de reproche d’Isidore, Manu, Sarah et Emilie.

Note de fin de chapitre:

Pfffffiou !!!

J'en suis contente et pas contente, je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression d'avoir du mal avec ce recueil, pourtant je brainstorme pas mal.

Est-ce que j'ai du mal à écrire des personnages foncièrement positifs ? Là est la question.

J'espère que la lecture vous a été agréable, n'hésitez pas à laisser un petit mot auquel je répondrai avec plaisir :)

A bientôt (plus que QUATRE textes !!!)

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