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Notes d'auteur :

Hello tout le monde,

Ceci est ma première participation à la troisième Boîte à Flemme "Bloo Blah Blay" sur les dialogues, imaginée par Fleur et Dreamer.

Nous avons ici deux braqueurs (pas doués) en fuite.

Indication : Vous avez le droit aux incises et à quelques descriptions mais il faut que ce qui n'est pas de l'ordre du dialogue reste minime.

Contraintes obligatoires
-> Le dialogue représente au moins 2/3 du texte.
-> Votre dialogue doit suivre un des registres suivants : absurde, dramatique, horreur ou romantique.

Contraintes facultatives :
-> Un de vos deux personnages (ou les deux) doit s’exprimer clairement en langage soutenu ou familier.
-> N'utilisez jamais le verbe "dire"
-> Faites un dialogue de vingt lignes sans interruption (mais avec possibilité d'incises).
-> Votre texte comporte une chute.

Je vous souhaite une bonne lecture ! (Je vous déconseille fortement de vous sustenter pendant la lecture, pas que ce soit forcément hilarant, mais sait-on jamais...)

Deux culs sur un banc. Deux longues mines.

- Ch’t’avais dit que t’avais pas tout prévu…

- Moi ch’t’ai dit qu’si…

- Ben pas le malinois, toujours…

- Ta gueule…

Une main qui masse une fesse endolorie.

- Tu m’fais chier avec tes post-its, on en a semé partout, Laguigne.

Un silence.

- Pourquoi qu’tu m’réponds pas.

- Parce que j’arrive pas à réfléchir quand tu parles.

Un silence.

- Oui, mais moi je réfléchis mieux quand tu me dis quoi faire.

- Ben ferme ta gueule alors.

Un autre silence.

- C’était un coup sûr, pourtant, z’étaient pas là, qu’il paraît.

- Ah, pour sûr qu’ils étaient pas là, ils ont carrément déménagé.

- Ben pourquoi le malinois alors ?

- Ta gueule, je réfléchis, que j’te dis.

L’alarme sonne de nouveau, et les épaules tressautent.

- Et pourquoi le ouin ouin s’il y a rien ?

Un silence.

Deux silences.

Trois silences.

Une grosse main secoue l’épaule de l’autre.

- Hé, tu fais la gueule ?

Une oreille tendue, puis un index pointé vers l’oreille.

- J’entends que dalle avec l’alarme ducon !

Vexé, Lapoisse ferme sa gueule.

L’alarme cesse.

Les sifflements dans les oreilles cessent pas.

- Et pourquoi on s’est retrouvé enfermé sur le toit ?

- A cause du putain de malinois, du con ! Bien sûr qu’on est monté sur le toit, tu voulais qu’il te bouffe les couilles ou quoi ?

- Et ton mollet, ça va ?

Devant le regard de Laguigne, Lapoisse ferme sa gueule.

En bas, des aboiements. Lapoisse jette un œil, et voit leur flingue en plastique, leur pied de biche, et un morceau du froc de Laguigne en bas.

Un silence.

Un soupir.

- On peut pas partir par là ?

- Non, mais t’es franchement demeuré ou quoi ? Y a quatre étages. Tu tombes, tu meurs. Ou ça s’rait mieux qu’tu sois mort.

- Laguigne, quand Titi est tombé du cinquième, il était même pas mort.

- Ton putain de chat est tombé du balcon dans l’arbre. C’est pas pareil.

- Oui, du coup on peut peut-être trouver un arbre.

- Va sur le rebord, et va m’chercher un arbre, ducon.

Lapoisse se lève et va au bord du bâtiment, suivi par le regard affligé de Laguigne qui est le cerveau des deux.

Un silence. Quelques pas. Deux silences. D’autres pas.

- Hé, Laguigne ! Y a des arbres là-bas.

Le bras dressé, l’index pointé vers la rangée d’arbres à l’autre bout du parking.

- Et t’as des ressorts à tes chaussures ?

- Ben non.

- Donc on peut pas descendre par là.

- Laguigne…

Un soupir.

- J’vois pas trop l’rapport entre les arbres et les ressorts.

- Y sont trop loin, ducon. Maintenant, ferme ta gueule, j’réfléchis.

Un soupir.

Un silence.

- Hé…

Un soupir, les joues toutes gonflées.

- Hé, Laguigne…

- QUOI ?

- Y a les pompiers.

Au loin, un gyrophare bleu.

En bas, un malinois.

Les arbres trop loin.

- Lapoisse, r’garde donc s’il y a des gouttières.

Lapoisse regarde en haut.

- Les gouttières, sur les murs du bâtiment ! J’te demande pas s’il va pleuvoir, j’te demande s’il y a des gouttières, pour qu’on puisse descendre le long…

Lapoisse fait le tour du bâtiment. Les lumières bleues se rapprochent, nombreuses.

- Hé, y en a une, là… Mais elle descend pas droit…

- Mais encore ?

- Ben elle descend pas droit.

Un soupir, des pas lourds. Un autre soupir.

Les lumières bleues longent le parking.

Lapoisse leur fait coucou.

Laguigne lui met son poing dans la gueule.

- Tu fais quoi, là ?

- Ben c’est des pompiers, ils vont nous aider.

- C’est des flics.

Lapoisse baisse sa main.

Les lumières bleues dépassent le parking.

Laguigne les regarde partir d’un air presque déçu.

- Putain que c’est haut.

- Tu l’as dit Einstein.

- Le mec qui court vite ?

- Quoi ?

- Einstein Bolt, comme le mec qui fait les jeux olympiques ?

Un soupir, un silence. Laguigne a soudain envie de chialer comme un gosse ou de se jeter du toit pour en finir.

- Hé, Laguigne, on va se sortir de là, tous les deux. Parce que toi t’es le cerveau et moi les bras.

Laguigne acquiesce puis montre la gouttière.

- Descends voir…

Lapoisse acquiesce, s’assoit sur le rebord du bâtiment, et passe ses jambes dans le vide. Puis, souple comme une planche et leste comme un hérisson, il s’accroche à la gouttière et entreprend de descendre.

- Ben, c’est pas si dur que ça en fait, suffit de garder ses jambes bien accrochées autour de la gouttière et les mains aussi… Plus que trois étages. J’vais faire comme Titi, je vais survivre, Laguigne. Mais, pourquoi qu’on devrait descendre la gouttière, y a un autre ventail de l’autre côté du toit, derrière, et je crois bien qu’y a une échelle aussi. Plus que deux étages, Laguigne, j’tiens le bon bout.

Laguigne va voir l’autre ventail, de l’autre côté du toit. Y a bien une échelle, et surtout, pas de malinois.

- On se ref’ra, Laguigne, on trouv’ra un autre coup et on pourra acheter de l’essence pour mettre dans ta voiture au lieu de la siphonner sur le parking du Champion. Plus qu’un étage, Laguigne !

Quand Laguigne atteint le bas de l’échelle, il entend un grand cri qui lui fait comme un coup de poing dans le coeur. Alors, il se met à courir comme un dératé dans le bâtiment pour sortir le plus vite possible, le cliquetis de griffes sur le carrelage et un grognement le faisant accélérer.

- Debout ducon ! Le malinois est derrière moi ! On se sépare !

Et Lapoisse court aux côtés de Laguigne, avec un sourire débile sur le visage.

- Hé, t’as vu ? Chuis tombé du premier, et comme Titi, j’ai rien eu !

- On se sépare, ducon, le malinois…

- Non, Laguigne. Chuis ton pote, je te quitte pas.

Et Lapoisse d’accélérer encore quand il sent les mâchoires du malinois claquer à proximité de son séant endolori par la chute.

Note de fin de chapitre:

Je suis clairement partie en mode super absurde (la faute à quand on écrit alors qu'on devrait dormir), mais je me suis éclatée à imaginer ce dialogue et cette bannière (au secours).

J'espère que la lecture vous a été agréable :)

A bientôt,

Sif.

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