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Notes d'auteur :
Salut!
Voilà une petite participation au concours de Dedellia et Yunus - "En eaux troubles" - avec une contrainte surprise. Je vous dirai sur quoi je suis tombée à la fin.
Alors j'ai pas l'habitude de faire dans le guimauve, mais j'ai pas eu d'autre idée ^^ J’espère que ça fait pas trop chewing-gum rose bonbon du coup x) N'hésitez pas à me faire part de vos critiques, je ne cherche qu'à m'améliorer! (et je m'excuse d'avance au cas où j'ai oublié une ou deux fautes à la relecture) Bonne lecture!
Je regarde l’eau défiler en dessous de moi, les vagues se briser sur le petit voilier que je laisse avancer au gré du vent. Appuyée contre la barrière de la proue, je regarde l’horizon. Ça fait longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien, aussi libre, aussi seule… Il n’y a aucun autre bateau au large à cette heure, du moins pas ici. Si je me retourne, j’aperçois encore les lumières de la ville, mais sinon, il n’y a que l’eau, les étoiles, la lune et leur reflet.

Rejetant la tête en arrière, je prends une longue inspiration. J’avais oublié la douceur de l’air marin, à quel point il permettait de faire provision de liberté. On dit que c’est dans les meilleurs moments que le temps passe le plus vite, mais pas ici. J’ai l’impression que les secondes durent des heures, étirant ma promenade, non, mon voyage à l’infini. Je ne sais pas exactement où je vais, et pourtant je sais que je me rapproche de toi. Je ne sais même plus pourquoi je n’ai pas insisté pour t’accompagner quand tu es parti, mais peu importe, je te rejoins, j’arrive. Tu me manques déjà.

Je lève les yeux vers le ciel obscur et fixe mon regard sur la lune. Je laisse un vague sourire flotter sur mes lèvres.


La lune est une menteuse.


Une des choses que tu m’as apprises lorsque nous nous sommes rencontrés. Je ne l’ai jamais oublié.


Lorsqu’elle te montre un D pour te faire penser qu’elle décroît, elle est croissante, et vice versa.


Mon sourire devient plus marqué. Ce soir, elle est décroissante, un fin croissant apparaît. Après-demain, ou peut-être même demain, on ne verra pas la lune dans le ciel, la nuit sera noire. Je regarde le mince C qu’elle me montre, et penchant la tête vers la droite, j’ai l’impression qu’elle me sourit, comme pour m’accueillir dans le silence de la nuit, seulement troublé par le bruit de quelques vagues.

Je me penche en avant et laisse ma main effleurer la surface de l’eau. Je savoure cette sensation glacée, celle qui nous montre que l’on est en vie, et, même si l’eau est froide, ce contact avec la mer me réchauffe. D’une certaine manière, la mer a toujours été une amie pour moi. Elle m’a toujours permis de me sentir libre. C’est grâce à elle que je t’ai rencontré, et c’est grâce à elle que je te retrouverai.

Je retire ma main de l’eau, la secoue pour faire tomber les quelques gouttes d’eau restées accrochées. Je me redresse et m’appuie contre le rebord. Je laisse mes yeux parcourir le ciel, compter les étoiles. Toujours regardant le ciel, je sens, presque inconsciemment, que mes doigts pianotent sur le rebord du bateau. La Lettre à Elise, le seul morceau que tu as réussi à m’apprendre, en partie, le seul qui m’a permis de réellement utiliser notre piano. Et je m’en souviens encore.


Aller ! Mi, ré dièse, mi, ré dièse, mi, si, ré, do, la ! Tu vas y arriver !


Je revois ton sourire rieur, et mes doigts continuent le morceau. Le bruit feutré de mes doigts sur le bois est presque inaudible par-dessus celui des vagues.


Do, mi, la, si, mi, sol dièse, si, do.


Je finis la partie que je connais, et je laisse retomber ma main. Je me retourne et je m’assoie sur le sol du bateau. Je sens quelque chose derrière mon dos, je regarde ce que c’est. Je souris. Tes haltères dans un sac de sport, ceux dont tu ne te servais jamais, mais que tu avais voulu laisser dans ce voilier en disant qu’ils serviraient de lest. Il me semblait bien qu’ils étaient restés là. Je fis glisser le sac vers mes pieds. Tous ces haltères étaient assez lourds, alors ensembles dans un sac, le poids était considérablement élevé. .


On peut vraiment trouver n’importe quoi dans ce vide grenier ! Enfin tout, sauf du matériel marin, jusqu'ici. Regarde ! Des haltères !


Je me relève péniblement et me mets encore une fois face à l’horizon. Le vent pousse mes cheveux devant mon visage, il me semble plus fort que quelques minutes plus tôt, mais peu importe. Ce n’est pas le vent qui m’empêchera de te rejoindre, c’est sur ma volonté que je compte. J’arrive bientôt, je serai à tes côtés d’ici peu de temps. Attends-moi.

Je me demande pourquoi tu as voulu partir seul, mais je sais que moi, je ne supporte pas d’être seule. Dès que je serai auprès de toi, nous pourrons continuer ensemble ce voyage.


S’il te plaît, j’ai besoin d’être seul, de réfléchir… Ne t’inquiète pas, je serai de retour demain, une nuit en mer me fera du bien…


Je suis désolée, je n’ai pas le courage de rester seule, je n’y arriverai pas…

Je sens des larmes couler sur mon visage. Je me penche au-dessus de l’eau, et je les sens plus que je ne les voie tomber dans la mer. Les larmes sombrent et, avec elles, mon espoir. Comment pourrai-je te retrouver, dans cette étendue infinie ?

Désemparée par le revirement de mon moral, je jette l’ancre du voilier dans la mer. Au bout de quelques secondes, il s’immobilise. Je me hisse lentement sur le bord du voilier et je lève le nez vers les étoiles, les bras légèrement écartés de mon corps. Je suis face au vent maintenant, et je le sens glisser sur mon visage, comme une pâle caresse de la nuit. J’ai repris mes esprits, retrouvé mon calme, mais quelques larmes coulent encore sur mes joues.


Je suis désolé, madame.


Je prends une longue inspiration, je savoure la sensation de l’air frais qui s’engouffre dans mes poumons. Ce genre d’inspirations qu’on ne prend pas assez souvent dans sa vie, celles dont on prend vraiment conscience car on sait qu’elles nous gardent en vie. J’en prends une deuxième, et une dernière, comme pour me donner du courage. Et je me laisse tomber.


On a retrouvé des restes de son bateau, il a dû heurter quelque chose. On n’a pas encore réussi à le trouver, lui. Nos…nos plongeurs cherchent encore… Je suis désolé. On mène une enquête pour comprendre ce qu’il s’est passé.


L’eau est froide, mais je ne la sens presque pas. Je coule rapidement, les haltères accrochés à mes pieds m’entraînent vers le fond et m’empêchent de remonter à la surface. Mais je n’en ai pas envie. Je sombre. Je te rejoins, je veux continuer cet infini voyage avec toi.

J’arrive. Attends-moi.
Note de fin de chapitre:
Alors la jolie petite contrainte surprise, c'était : "l'histoire amène a une fin triste a laquelle on ne s'attendait pas". J'espère d'ailleurs l'avoir bien respectée, parce que, comme je suis jamais sûre de rien j'ai un doute x) Puis j'ai peur d'avoir été trop prévisible aussi ^^
Donc n'hésitez vraiment pas à laisser votre avis! Merci!
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