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Notes d'auteur :
Voici les règles du jeu : vous avez le droit de vous faire renverser par une voiture, de succomber à un cancer, ou même sous les coups d'un époux. Mais si d'aventures, vous vous octroyez le droit de mourir, alors soyez maudits !
Je suis morte, vous souvenez-vous ? Mais si, voyons, on a parlé de moi dans tout le village, cette femme égoïste, lâche, qui a mis fin à ses jours sans même laisser un mot d’explication à ses proches.

Cette épouse, cette mère indigne, qui avait tout pour elle, un mari, des enfants, une maison, un travail. Je suis « celle qui ne voyait pas le bonheur qui se trouvait juste sous son nez, celle qui a abandonné sa famille ».

C’est ce qu’on dit toujours dans ces cas-là, non ?

Lorsqu’on ne comprend pas, quand on ne peut expliquer l’inexplicable, lorsqu’on ne sait pas mettre des mots sur un acte aussi impensable que le mien, alors on accuse, on juge, on condamne. On bannit le passé, les souvenirs, on chasse de ses pensées le plus petit sentiment d’amour qui subsistait.

Le mépris est bien plus rassurant que tenter de trouver un sens à ce qui fait le plus peur à l’homme. N’est-ce pas ?

La mort. Oui j’ose prononcer son nom. Cette fin inévitable à tout être vivant que l’on fuit comme une biche fuit devant la lionne. Son cœur bat, elle s’essouffle, sa course s’affaiblit, elle s’épuise. Le prédateur se rapproche, menace, s’amuse. Si elle tombe, c’est la fin. Elle le sait et court, court encore.

Elle est perdue, elle le sait, le sent. Et à quoi bon, après tout ? Si ce n’est pas aujourd’hui, si, par miracle, elle trouve un abri pour se cacher, demain, elle devra courir encore, jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent pour de bon.

Qui se souviendra d’elle ? Qui racontera son histoire ? Laissera-t-elle un vide dans l’immensité du désert ? Manquera-t-elle à quelqu’un ?

Je m’égare, pardonnez-moi. Vous n’attendez pas que l’on s’apitoie plus avant sur le sort de cette pauvre biche victime des lois cruelles de Dame Nature, mais que je justifie pourquoi, moi, j’ai voulu mourir, de mon propre chef, sans contrainte, sans altération aucune de mes capacités mentales.

Vous espérez des réponses, que je vous donne une raison à ce choix. Je ne le nie pas, je vous comprends. Sans doute ressentirais-je aussi cette même colère, cette indignation, de la culpabilité peut-être, certainement un sentiment d'impuissance et d'injustice.

Alors oui, je vous comprends. Et je regrette, vraiment, sincèrement, de ne pouvoir vous donner satisfaction. Car hélas, je ne connais toujours pas la fin de cette histoire. Mais avant de m’envoyer en enfer – peut-être y suis-je déjà ? - s’il vous plait, posez-vous la question : la vie est-elle un droit, ou un devoir ?
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